10 minutes et 38 secondes dans ce monde étrange d’Elif Shafak aux éditions Flammarion

 » Elle s’appelait Leila.
Tequila Leila, c’était ainsi que la connaissaient ses amis et ses clients. Tequila Leila, c’était le nom qu’on lui donnait chez elle et au travail, dans cette maison couleur bois de rose au fond d’un cul-de-sac pavé près du front de mer, nichée entre une église et une synagogue, entre les boutiques de lampes et les kebabs – la rue qui abritait les bordels les plus anciens d’Istanbul.
N’empêche, si elle vous entendait tenir ce genre de propos, elle pourrait se vexer et vous balancer à la tête par jeu une de ses chaussures à talons aiguilles.
C’est, chéri, pas c’était… Mon nom c’est Tequila Leila.  »

Nous vivons tous des moments pendant lesquels nous imaginons la vie après la mort, ici l’auteure pense que notre esprit fonctionne encore quelque minutes après que le cœur s’est éteint, exactement 10 minutes et 38 secondes.

Ce sont ces minutes que nous font vivre Elif Shafak par la voix de son héroïne Tequila Leila. Nous découvrons sa vie au fil des pages, admirablement construit le roman avec des chapitres dédiés aux amis sincères et fidèles de Tequila. Quatre amis incroyables, Nalan, Sabotage, Jameelah et Zaynab122 qui vont l’accompagner jusque sa toute dernière volonté. Mais y parviendront-ils d’ailleurs ?

Tous ces personnages ont fait écho à ma lecture du dernier roman d’Arundhati Roy, le ministère du bonheur suprême, elle aussi avait donné à travers cette histoire, voix aux plus petits, les moins désirés de la société.

10 minutes et 38 secondes dans ce monde étrange d’Elif Shafak

Traduction : de l’anglais par Dominique Goy-Blanquet

Éditions : Flammarion

Paru : 8 janvier 2020 – 400 pages – 22 euros – Epub : 14,99 euros