Ma chérie de Laurence Peyrin aux éditions Calmann Lévy

 » Déjà sur l’acte de naissance, Papa avait eu la main lourde : Gloria Mercy Hope Merriman.  » Gloire Pitié Espoir  » Merriman. Trois prénoms modifiés en hâte du plan initial après que la sage-femme, tenant par un pied le nouveau-né sous la lampe à néon, eut affiché une moue dubitative et diagnostiqué un ictère foudroyant……. A six ans, elle souffrait d’un léger strabisme qu’on corrigeait en collant un pansement sur le verre gauche d’une paire de lunettes, et les autres gamines à l’école la surnommaient Sœur Bigleuse…. »

Cette enfant unique, originaire du petit village imaginaire de Chooga Pines, en Amérique, parlait peu, elle avait un seul ami, Benjamin, ensemble ils faisaient les 400 coups. Et puis elle a grandit, jeune femme, elle a été remarquée par un photographe qui est devenue quelque temps son époux. Elle est devenue Ma Chérie, jusqu’à sa rencontre foudroyante avec le plus riche agent immobilier de Miami. Et de ce jour, quelle vie va t-elle vivre ? Je vous laisse le découvrir en lisant ce roman De Laurence Peyrin.

J’ai lu plusieurs romans de cette auteure et j’affectionne les histoires qu’elle nous raconte avec talent, chacune ont le don de vous saisir, vous attendrir, elles sont des enchantements de lecture. Ici, je me suis attachée au fil des pages à Ma chérie. L’auteur donne vie à une femme plutôt attirée par le beau, le luxe et au fil de l’histoire, son devenir change, se métamorphose et tout cela grâce à une rencontre. Après le désespoir, la bien nommée Hope va lentement faire basculer tous ses préjugés sur elle-même et sur la société. Des thèmes très sensibles et forts sont abordés sous la plume délicate de l’auteure.

Merci Laurence Peyrin pour ce joli voyage au cœur de l’Amérique des années 60, merci de nous rappeler à travers ces personnages fictifs combien des gens se sont battus pour faire reconnaître les droits pour ceux qui aux yeux des blancs n’avaient aucun droit, de faire résonner les mots de cette grande dame dans cette lutte contre la ségrégation raciale : Rosa Parks

  «  Je voyais passer le bus chaque jour.

  Mais pour moi, c’était comme ça. Nous n’avions d’autre choix que d’accepter ce qui était notre quotidien – un très cruel quotidien.

 Le bus fut un des premiers éléments par lesquels je réalisai qu’il y avait un monde pour les Noirs, et un monde pour les Blancs.  »

Ma chérie de Laurence Peyrin

Éditions : Calmann Lévy

Paru : mars 2019 – 321 pages – 18,50 euros