Ce que l’on sème de Regina Porter aux éditions Gallimard

 » Quand le garçon eut quatre ans,il demanda à son père pourquoi les gens avaient besoin de dormir. Son père répondit :  » Pour que Dieu puisse refoutre à l’endroit ce que les gens foutent à l’envers. « 

Quand le garçon eut douze ans, il demanda à sa mère pourquoi son père était parti. la mère répondit :  » Pour pouvoir répandre son foutre dans tout ce qui bouge. »  »

Remarquable ce roman, une très belle découverte que cette plume de Regina Porter, un premier roman qui retient toute notre attention et notre souffle.

L’auteure nous raconte la vie de deux familles, l’une issue de l’immigration Irlandaise et l’autre descendant d’esclaves Africains sur plusieurs générations dans cette Amérique colorée ethniquement, culturellement, religieusement et pleine de contraste. Une Amérique tantôt salvatrice tantôt porteuse de germes de haine, des années 1950 à la première année d’élection du président Obama.  De Rufus à Claudia, lui fils de James Samuel Vincent junior et elle, fille d’Agnès  qui suite à une tragédie, qui ouvre le livre, va s’enfuir avec celui qui va devenir son mari Eddie, dans le Bronx…..Les deux familles entre amants, enfants, petits enfants ne vont pas cesser de s’entrecroiser tout au long du roman.

Si il y avait quelque chose à redire sur cette histoire qui mêle la petite et la grande, puisque, entre autre, plusieurs personnages vont se battre au Vietnam, que nous croisons aussi des personnalité connues comme l’aviatrice afro-américaine Bessie Coleman, Greta Garbo qui est l’amante d’Eloise,  c’est que nous pouvons vite nous y perdre dans cette embarcation foisonnante de personnages tous aussi complexes les uns que les autres. Fort heureusement les premières pages sont réservées à la présentation des personnages.

Parfois c’est à la troisième personne et dans certain chapitre à la première personne que les personnages se racontent.

J’ai eu beaucoup de bonheur à vivre cette plongée romanesque avec Regina Porter et tous ses personnages sublimement racontés. Une joie de lire de l’excellente littérature si rare il faut dire de nos jours !!

Ce que l’on sème de Regina Porter

Traduction : de l’anglais (États-Unis) par Laura Derajinski

Éditions : Gallimard

Paru : juin 2019 – 362 pages – 22 euros