Ce qui nous revient de Corinne Royer aux éditions Actes-Sud

 » Sssacrée découverte ! pendant que Marthe sirote un thé vert : l’histoire scientifique ne compte toujours pas de Gautier parmi les grands découvreurs du XXè siècle. Quarante-deux ans après la mise en évidence du chromosome surnuméraire de la trisomie 21, Marthe demeure celle qu’il convient de nommer la Découvreuses oubliée.

Elena est partie pour trois modiques journées parce qu’ils ont ensemble décidé de ne pas garder le fœtus porteur d’un chromosome surnuméraire logé dans son ventre…. Mais à la sortie de la clinique, les choses se sont déroulées autrement. Elle a eu besoin de cet espace où elle pourrait respirer seule, gonfler ses poumons, reprendre son souffle sans eux. sans lui ni Louisa. »

Oh comme je remercie infiniment Corinne Royer d’être venue à moi, me présentant ainsi son tout dernier roman. Mais comment ais-je pu passer à côté de cette auteure, de ce roman bouleversant de sincérité ? Il n’est jamais trop tard puisque voilà que je l’ai lu en quelques heures à peine, avec grand enthousiasme dès la première page, happée totalement par l’histoire ici racontée.

Ce sont deux histoires qui se croisent par des destins incroyables entre réalité et fiction.Une rencontre entre Louisa et Marthe.

Louisa, 26 ans, en dernière année de médecine en 2016, sous les recommandations de son professeur, va frapper à la porte de Marthe, pour comme le pense t-elle rapidement en écoutant cette femme, permettre la vérité de se rétablir. En effet, elle va découvrir qui est cette grande dame oubliée.

Croisé à cette histoire romanesque, l’enfance de Louisa que je ne vous dévoilerais pas, menée de main de maître, l’auteure redonne vie et voix à Marthe Gautier.

Cette femme fut celle qui a découvert, entre 1956 et 1958, la différence de chromosome entre les enfants dits normaux et ceux appelés à l’époque, les « mongoliens ». C’est elle qui a découvert le chromosome surnuméraire isolé sur la paire 21 des individus porteurs de ce que l’on nommait alors le syndrome de Down. Seulement en réalité ce n’est pas sous son nom que cette découverte à été annoncée, mais sous le nom du professeur Jérôme Lejeune qui a su exploiter malhonnêtement à ses fins cette découverte. Au fil du récit de Marthe nous découvrons comment elle a travaillé, et comment elle s’est fait voler ce titre de découvreuse.

Passionnant témoignage de cette femme de connaissance, trompée, abusée ! J’ai dévoré avec beaucoup d’intérêt toute cette histoire que je ne connaissais absolument pas.

Une fois de plus je remercie la littérature, ces auteur(e)s qui savent brillamment avec une plume juste, élégante et brûlante de vérité, nous ouvrir des pages d’Histoire mal, sinon inconnues.

Ce n’est pas un roman purement biographique, scientifique, oh non, l’auteure a su très habilement nous plonger dans l’Histoire en croisant des personnages autant réels que fictifs, c’est cela la magie d’une grande plume ! L’histoire de Louisa et ses parents poétiquement racontée est touchante à souhait et nous surprend jusque la toute fin !

Merci Corinne Royer d’avoir donné voix à une grande dame oubliée, merci de nous avoir fait vibrer en faisant lumière sur une affaire toujours pas « réglée », merci pour votre remarquable talent d’auteur. Merci aux éditions Actes-Sud pour de si belles et nécessaires publications.   

#Cequinousrevient#ActesSudEditions

Du grand art littéraire.

Ce qui nous revient de Corinne Royer

Éditions : Actes-Sud

Paru : janvier 2019 – 267 pages – 21 euros