Ceux qu’on aime de Victoria Hislop aux éditions Les escales

 » Themis n’avait dit à personne qu’elle allait perdre son emploi. Ainsi, un matin à la fin du mois de janvier 1948, elle partit de bonne heure, comme toujours. Elle avait rédigé un message à la hâte et l’avait glissé sous un livre près de son lit – elle savait que sa grand-mère n’entrerait dans sa chambre que plus tard. Elle prit le chemin habituel mais, à quelques centaines de mètres de la pharmacie, elle s’arrêta pour saluer une jeune femme, un contact d’Eleni, son ancienne collègue. Bras dessus bras dessous, elles s’engagèrent dans une rue perpendiculaire, et cheminèrent d’un pas insouciant. Eirini – Themis ne connaissait même pas son nom de famille – avait accès à un large réseau de contacts. En milieu de matinée, une camionnette emmenait Themis hors d’Athènes.  »

C’est avec une grande émotion que j’ai lu ce tout dernier roman de Victoria Hislop. Je suis toujours sous le charme de son art de nous raconter si merveilleusement bien des histoires. A chaque fois, je découvre un peu plus sur ce pays que j’affectionne : la Grèce.

Dans ceux qu’on aime, titre empreinté au poète engagé Yannis Ritsos, l’auteur nous invite au cœur d’une famille Athénienne. Suite à l’effondrement de la belle demeure familiale mais délabrée qui était le seul trésor d’Eleftheria Koralis , les enfants et leur maman sont accueillis chez leur grand-mère paternelle. La mère ne peut supporter ce malheur et se laissant aller, sans vie, est internée. Les enfants vont grandir seuls avec cette chaleureuse grand-mère.

C’est Themis, la petite dernière de la fratrie qui se décide un jour à raconter sa vie à ses petits enfants. C’est ainsi que Nikos et Popi vont découvrir une autre grand-mère, celle qu’ils croyaient apolitique fut une combattante communiste, emprisonnée qui a lutté pour ses droits comme bien nombre d’amis et ainsi, le voile va être levé sur bien des secrets sagement gardés.

Nous découvrons les batailles sanglantes qui se succèdent dans cette Grèce des années 40 jusqu’aux dernières émeutes meurtrières lors des manifestations en 1973. Entre guerre civile, dictature des colonels, les conséquences au cœur de la famille Koralis vont être terribles, car cette famille va grandir, vivre et survivre dans la peur, les angoisses obsessionnelles, entre luttes et résignation.

Les quatre frères et sœur vont avoir des opinions politiques différentes,  jeunes et assoiffés chacun d’idéaux pour un monde meilleur, ce qui va provoquer des colères, des déchirements. Fort heureusement que la grand-mère pilier inébranlable de ce petit monde parvient toujours à préserver une certaine paix et équilibre.

Un roman coup de cœur !

Un hymne à la liberté, un hommage magnifique à tous ceux qui ont osé la lutte pour leur droit, les droits du peuple, que ce soit en Grèce ces années là. Hier comme aujourd’hui cette histoire résonne aux quatre coins du monde.

Cela me donne l’envie de relire les magnifiques poème de Yannis Ritsos.

Merci à la plateforme Netgalley et aux éditions Les Escales

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Ceux qu’on aime de Victoria Hislop

Traduction : Alice Delarbre

Éditions : Les escales

Paru : 10 octobre 2019 – 496 pages – 22,50 euros