Dernier arrêt avant l’automne de René Frégni aux éditions Gallimard

 » Un jour on se met à écrire, pour entendre la voix lointaine de nos mères. Lorsque j’écris, j’entends la voix de la mienne. Elle me lisait le soir, devant le poêle à charbon de notre cuisine, des livres qui me faisaient rêver, pleurer, découvrir le monde …. Je n’entends sa voix que lorsque j’écris, dans le silence de la page blanche. Les mots que je trace lentement m’enveloppent de sa tendresse, de son regard profond, de la douceur de sa petite veste de coton rouge, contre laquelle je m’endormais… »

 

Sous le charme complet, sous le charme de la douceur des mots de cet écrivain du sud qui m’est si cher.

Un nouveau cahier, un nouvel univers, un monastère, un couple de libraire Aline et Pascal, des plus charmants, une petite chatte Solex, un indien d’Inde !!!! et une plume.

Ce roman nous transporte dans la nature exceptionnelle au cœur de la Haute-Provence à quelques kilomètres de Moustiers-Sainte-Marie. Le narrateur, un écrivain en quête d’inspiration, qui par l’intermédiaire de ses amis libraires Pauline et Pascal, se retrouve employé par un homme qu’il ne rencontre pas, pour être gardien jardinier de sa propriété : le monastère de Ségriès.

Comme il nous confie, il n’a pas accepté ce poste et ce lieu surtout, pour rencontrer Dieu, non, mais « pour observer ma vie dans un immense miroir de silence.  »

Cet écrivain est avant tout un homme libre, il aime le silence, la nature et peut des journées entières la contempler, d’un joli bouton-d’or, d’une colline sauvage il va en créer tout un tableau. Les senteurs des parfums de Provence, du thym à la lavande tout est beauté. Le sourire d’une femme, la gentillesse d’un ouvrier comme cet indien qui lui aussi, travaille à la restauration de ce haut-lieu est un personnage exceptionnel sous la plume du narrateur.

J’aime cet envoûtement, cet hymne aux choses si simples et tellement belles. J’aime sur les pas du narrateur, gambader dans ce vallon, grimper dans les oliviers pour la cueillette et pour sentir ensuite, l’huile tout juste pressée. De savourer le petit café au coin du feu crépitant.

Tout un monde ordinaire qui prend une dimension extraordinaire quand le regard se sait poète, rêveur : La vie, voilà tout simplement, la vie.

Et puis un jour, alors que le narrateur travaille la terre, il découvre une jambe d’un mort enfouie là dans cette terre grasse. « Une jambe humaine ». La peur s’empare de tout son être. 

Mais de qui peut elle bien  être ? Incapable de réfléchir il s’enferme, se cache et le matin va  raconter à son ami Pascal cette macabre trouvaille.

Voilà je vous en ai déjà peut être trop dit, alors j’arrête et vous invite simplement à ce voyage au cœur de la Hautre-Provence, du silence de l’âme et de la chaleur des cœurs. Belle lecture au pays de Frégni .. qui fut quelques années aussi un peu le mien enfin juste au dessus …. j’ai souri d’ailleurs de lire le petit clin d’oeil à Barcelo en passant par le col d’Allos ….. Bon vous l’aurez compris, Frégni j’aime, j’aime ses histoires, ses décors, ses ambiances, sa plume. Un auteur qui fait bon lire, méditer et rencontrer, un homme simple et vrai, des plus chaleureux que j’ai eu grand plaisir à accueillir au cours de ces années là-haut, au cœur de notre maison d’hôtes.

Dernier arrêt avant l’automne de René Frégni

Éditions : Gallimard

Parution : mai 2019 – 165 pages – 16,50 euros

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