Ecorces de Hajar Bali aux éditions Belfond

 » L’obsession de Baya pour le figuier de son enfance a décidément contaminé toute la famille.Il est comme un rappel silencieux de l’origine organique de la vie. Il exhale son odeur millénaire qui, comme un fouet, ramène aux origines. Je suis d’ici. De la terre. Je ne suis plus le même, et pourtant je suis le même. Mon enfance se superpose à moi tel que je suis aujourd’hui. Qu’est-ce qui me fait me retourner et observer cet ancêtre ? Le figuier est le nœud ombilical de tout exilé. Et Baya en est une, d’exilée. Elle ne veut pas descendre de son arbre, elle est et elle n’est plus la même. Comme si elle tenait à durer pour que je devienne ce que, perdue dans la ville, elle renonce à être.— Il faudra que tu ailles un jour cueillir des figues à même l’arbre. Tu comprendras alors ce que je dis là. Cette chose qui nous vient de loin, de nos ancêtres. C’est très important. Tu m’entends ?— Oui, Baya. Cueillir la figue à même l’arbre, comme tu le faisais toi. »

Ce roman est le roman d’une famille, histoire de femmes, de mères et de ce fils à toutes les trois, le jeune Nour. Lui, il est étudiant en mathématiques, 23 ans, il vit avec ces trois femmes, son arrière grand-mère Baya, sa grand mère Fatima et sa mère Meriem depuis l’arrestation de son père Kamel.

Différentes époques, le récit de l’enfance de Baya qu’elle aime confier à Nour, 1935, âgée de 14 ans, sa demande en mariage, sa situation de seconde épouse. Son fils Haroun dont elle a dû se séparer et qu’elle a fini par kidnapper pour s’enfuir avec. Départ de Constantine pour Sétif….. 1955, son fils de 18 ans arrêté, ses années de prisons et puis son mariage avec Meriem qui a donné naissance à Kamel.

Kamel l’homme rêveur comme son père, qui peut être est passé à côté de sa vie, du moins d’un amour Mayssa, la musicienne…

L’été 2016, la rencontre entre Nour et Mouna. Mouna devient très vite son amie, il tombe en amour malgré la distance de cette jeune femme, orpheline.. en quête semble-t-il. Mais qui est-elle véritablement?

Une saga familiale captivante. L’auteure nous emmène loin dans l’intimité de chacun de ses personnages. Elle nous les dévoile petit à petit, avec des retours en arrière dans les années.. de 1935 à 2016 ….

Des thèmes forts nous retrouvons sous la plume délicate de l’auteure, la tradition, l’engagement, la liberté….les regrets, la colère…les liens du sang…

Une lecture savourée qui m’a séduite du début à sa fin, peut être avec, quelques pages de trop sur les mathématiques…oui, discussions certes passionnantes entres les jeunes mais j’avoue que j’ai été larguée complètement..

#Ecorces #NetGalleyFrance

Écorces de Hajar Bali

Éditions : Belfond

Paru : 30 janvier 2020 – 304 pages – 18 euros