Égypte 51 de Yasmine Khlat aux éditions Elyzad

«  Il loge où je ne peux rien pour le déplacer. Il me touche avec des dessins de silence que j’essaie de projeter dans mes œuvres pour retrouver la pleine présence du monde. J’ai l’impression de le porter en moi. Il est, me semble-t-il, des amours définitifs contre lesquels on ne peut rien. Mais quand mes parents ne seront plus là, que deviendrai-je, me direz-vous, moi qui ne vis plus à l’écoute de l’infime qui ne parlerait de lui.  »

 

 Tout d’abord je voudrais juste vous dire un petit mot sur cette maison d’édition Elyzad. La connaissez-vous ? C’est un petit bijou de part la qualité de ses choix éditoriaux et de la conception graphique de ses livres. Un plaisir à tenir entre ses mains, le temps d’une lecture, ses jolis et gracieux formats, de tourner les pages d’un papier fin et si agréable.  Un bonheur du livre objet !

Ce très beau roman donc nous est présenté sous forme de correspondance, voilà bien une forme que me séduit totalement. L’écriture, cette plume délicate et élégante que je découvre de Yasmine Khlat me ravie à merveille. C’est une envolée romanesque. Une passion délicatement décrite entre deux êtres protégés par leur milieu. Elle, Mia, c’est une artiste, grande rêveuse, fantasque. Lui, Stéphane est médecin et il est éperdument amoureux de cette toute jeune femme rencontrée au Caire. Seulement, elle n’est pas prête pour l’amour, car son cœur s’est épris d’un autre homme, Ramo, pauvre et donc qui lui est inaccessible. Deux mondes aussi différents soient-ils, ne peuvent se mélanger, s’unir. Alors pourquoi penser encore à lui ?

Les évènements tragiques de 1956, lors de la nationalisation du Canal de Suez vont tout faire basculer cet idéal de vie, ce romantisme à fleur de peau et surtout leur avenir.

Je ne peux vous en révéler davantage, c’est impossible, je vous invite à cette très belle lecture sur l’amour, les guerres et l’exil. Un petit roman qui se lit si aisément tant il nous happe du début à sa fin, et je vous confierai que surtout toute la dernière partie m’a pleinement émue, me laissant des larmes de colère, d’incompréhension…. face à l’inexplicable, à la honte humaine des guerres sans nom qui détruisent toujours autant … hier comme aujourd’hui.

Un très beau voyage entre l’Égypte et le Liban imprégné de sentiments éblouissants de sincérité.

http://www.elyzad.com/component/zoo/item/egypte-51.html

Égypte 51 de Yasmine Khlat

Édition : Elyzad

Paru : premier trimestre 2019 – 152 pages – 16,50 euros