Histoire d’Adrian Silencio d’Éléonore Pourriat aux éditions JC Lattès

 » Je ne sais rien de mes ancêtres, chacun s’étant employé à effacer méticuleusement toute trace : la grand-mère étouffée par la honte, le grand-père exilé jusqu’à la mort, les parents soixante-huitards, tous ont eu besoin de rompre avec le passé. Mon arbre généalogique est une souche, « la partie restée en terre d’un arbre coupé », selon la définition du dictionnaire, ce qui n’exclut pas la présence active de racines. Encore me faudrait-il y avoir accès. Mes grands-parents sont morts, leurs enfants sont seuls, fragiles, affolés, et ma génération tremble. Certains jours, moi-même je vacille. Mon énergie vitale se raréfie, se coupe et se rétablit sans raison. Sans raison. C’est précisément sur ma raison que je concentre toutes mes forces dans ces moments-là. Raison garder. Corps contenir. Inspirer, expirer, soulever les côtes, ne serait-ce que de quelques millimètres : je suis vivante. D’où cela me vient-il ? Il doit bien rester un peu de sève quelque part, une racine enfouie, une artère vitale. Sous le mystère, la plage. »

Cléo, une jeune femme qui se raconte à travers l’histoire de son grand père Adrian, voilà le tout premier roman d’Éléonore Pourriat.

Elle nous confie avoir 7 ans quand il quittait ce monde, ne l’a donc que très peu connu, sa maman lui en a presque jamais parlé. Silence. Non-dit. Cléo, elle, il lui manque quelque chose, elle veut connaître cette origine du côté de sa mère et décide de se lancer corps et âme dans cette quête à la recherche de cet homme, musicien professionnel, espagnol né en juin 1903.

C’est une cousine de de sa grand mère qu’elle va tout d’abord rencontrer, Solange. Celle-ci va l’éclairer sur le passé de sa grand-mère, son enfance, sa jeunesse et ce grand amour avec Adrian, qui lui est à Paris après avoir fui son pays sous Franco. Et puis elle révèle une autre vie d’Adrian, celle d’avant, celle vécue en Espagne, puisqu’un jour, un jeune homme vient à la rencontre de la nouvelle petite famille, c’est le fils d’Adrian.

L’enquête de Cléo va ensuite lui faire rencontrer son oncle, jumeau de sa mère, Vivo, qui lui, va lui conter ce qu’il croit savoir.

Et puis elle sait qu’un cartable existe, appartenant à son grand-père. Elle va demander à sa mère de le voir et de l’ouvrir.

Que va t-elle découvrir de plus ?  Un extrait du registre des actes de mariage … Un choc !

Il est trop tard pour revenir en arrière, il faut avancer désormais et Cléo poursuit inlassablement ses recherches. Tout en se posant une question essentielle qui est : Ais-je le droit ?

En effet, est-il bon de déterrer ainsi les souvenirs d’un homme qui fut mari, père, amant, grand-père. Un homme qui a caché ce passé, enseveli sous un silences pesant ?

Va t-elle parvenir à bâtir un pont entre les deux pays l’Espagne et la France, les descendances, va t’elle parvenir à retrouver des liens, des membres de cette famille espagnole tombée dans l’oubli ? Et puis est-ce si nécessaire quand ce désir appartient à une seule personne, comment sa propre famille peut réagir ? Vous découvrirez tout cela en lisant l’Histoire d’Adrian Silencio Diaz.

C’est une histoire familiale intense, une enquête sur cet homme exilé, ayant fui la guerre, ce qui n’est pas sans faire écho à tous ces gens aujourd’hui qui fuient leurs pays.

Malgré le fait que l’auteure soit parvenu à trouver les mots justes, ses personnages manquent d’émotion, pourtant elle est bien là l’émotion, mais personnellement je n’ai pas vibré pour les personnages très attachants pourtant. J’ai eu un sentiment de lenteur, des pages et des pages pendant lesquelles rien se déroule, un peu à regret dans la construction du roman.

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Histoire d’Adrian Silencio d’Éléonore Pourriat

Éditions : JC Lattès

Parution : 22 août 2019 –