Je suis l’argile de Chaïm Potok aux éditions JCLattès

 » Elle s’adressa brièvement et en silence à l’esprit de sa mère, morte depuis longtemps, puis à l’esprit du chêne feuillu près de la véranda de sa maison dans le village de son enfance, puis à l’esprit du seul enfant qu’elle eut jamais porté, mort dans sa première année. Elle dessinait dans l’air, juste au dessus- du garçon, de longs traits horizontaux et verticaux comme sa mère le lui avait appris pour éloigner les démons de la mort.  »

 

En Corée, sous le déferlement de l’armée du nord battant en retraite, un vieil homme et sa femme quittent leur village précipitamment.

Sur la route de l’exil, dans une foule en panique, ce couple découvre un jeune enfant esseulé dans un fossé. En souffrance semble-t-il, ils décident de le prendre avec eux.

Qui est cet enfant ? Que va t-il offrir à ce couple qui n’a jamais pu avoir d’enfant lui même ? Sera-t-il un nouveau poids dans ce décor apocalyptique de fin de guerre ou bien au contraire sera-t-il leur donner le meilleur pour survivre ?

C’est avec le roman Asher Lev que j’ai découvert l’univers de Chaïm Potok et ce fut une révélation. En effet il m’a ouvert les yeux sur une culture qu’à l’époque je ne connaissais pas du tout.

Dans cette histoire que je viens de lire, il m’a tout autant bouleversée, certes ce roman n’a rien à voir avec le précédent. Ici nous sommes en Asie et c’est avec un immense plaisir que j’ai lu comment cet auteur avait perçu ce peuple et ses croyances.

Très touchée par la présence toujours omniprésente des esprits des anciens, les cultes qui leur sont toujours voués me fascinent et m’interpellent.

Et à cette fin je me pose bien des questions quant à notre rapport aux morts, aux esprits… Pourquoi pensons nous que nous sommes seuls ici bas ? Comment avons nous mis de côté voir au banc des accusés les personnes croyant à d’autres dimensions ?……

Je suis d’argile est un roman fort sur la destruction et l’espoir, sur la vieillesse et le rapport à la vie, au monde.

Je suis l’argile de Chaïm Potok

Traduction : de l’américain par Elie Robert-Nicoud

Éditions : JCLattès

Paru : janvier 1993 – 281 pages –