La mer à l’envers de Marie Darrieussecq aux éditions P.O.L

 » C’est sa mère qui l’a convaincue de faire cette croisière. Une façon de prendre de la distance. De réfléchir à son mariage, à son métier, au déménagement à venir. Partir seule avec les gosses. Changer d’air. Changer d’eau. La Méditerranée. Pour une fille de l’Atlantique. C’est plat. Une mer petite. Les côtes
sont rapprochées. On a l’impression que l’Afrique pousse de tout son crâne contre l’Europe, d’ailleurs c’est peut-être vrai. Une mer tectonique, appelée à se
fermer.  »

 Une femme dans la quarantaine, est invitée par sa maman à partir en croisière avec ses deux jeunes enfants de 7 et 15 ans. Rose est psychologue et il semblerait qu’elle possède un don dans ses mains mais elle ne sait pas vivre avec, le mettre au service de .. Il aura fallu cette rencontre avec ce jeune Younès recueilli avec d’autres comme lui, par le capitaine de ce paquebot, une nuit au large des côtes Italiennes. Rose ose franchir les interdits pour voir, rencontrer, aborder. Elle confie le téléphone de son fils à ce jeune homme, sans savoir que ce téléphone deviendra un lien entre eux. La croisière se poursuit, une fois ces migrants confiés à l’Italie. Mais Rose n’est comme plus la même, tant de question la taraude sur elle, Younès, son devenir, son mari, qu’elle ne sait plus si elle doit le quitter ou pas… Le retour en France, à Paris et puis ce déménagement, se déroulent toujours dans les incertitudes obsessionnelles.

Il y a un mélange de tout, de trop et de vide dans ce roman, voilà ce que je peux en dire la dernière page tournée. Pourtant, dès les premiers mots, je me suis sentie embarquée sur ce paquebot avec les trois protagonistes. Et puis presque plus rien. Pourquoi ? Je ne serais vraiment dire. L’écriture déjà n’est pas aisée à mon sens, des phrases courtes encore et toujours, un style ? Oui certainement. Un vide aussi comme un manque de poésie pour moi, une évidence ressentie comme dans de nombreux romans d’aujourd’hui. C’est cela oui, il manque de la poésie, les choses sont dites, envoyées de but en blanc sans aucun romantisme. Rose est psychologue, elle a un don … et alors .. qu’en fait-elle ? Elle va vite gagner de l’argent pour se construire leur piscine …. A côté de cela elle se dit « nature », mange des amandes et évite le sucre, ses enfants sont gâtés et pourtant en mal d’être semble-t’il ? Si peu d’échanges dans cette famille alors que Rose vit et impose aux siens un autre enfant, un enfant d’ailleurs plein d’espoir pour une vie meilleure lui aussi. La rencontre a bien du mal à se faire entre chacun, comme avec moi lectrice, pauvre Younes j’ai envie de dire et en même temps que ferais-je de mieux à la place de Rose ? Toutes mes excuses ma chère Marie, mais je n’ai pas été séduite par votre roman, par cette histoire, il y a pourtant tout ce qui m’interpelle, mais, oui il y a un mais, décousu, mal foutu ? Est-cela la raison de mon désamour ? Certes c’est un sujet délicat je vous l’accorde, de ce point de vue j’ai préféré le jeune Youri de Tobie Nathan, qui lui aussi racontait l’histoire d’un migrant, qui lui aussi racontait des pouvoirs entre ses mains …. Mais voilà c’est Tobie Nathan !

Eh bien je suis un peu triste et puis c’est comme cela, n’est ce pas, je vous ai entendu dire que vous aviez mis 5 ans pour écrire ce roman avec des voyages au Niger, à Calais …. des rencontres… tout un travail, il faut le reconnaître mais le résultat ne m’a pas offert une envolée littéraire au sens du terme. A regret !

La mer à l’envers de Marie Darrieussecq

Éditions : P.O.L

Paru : août 2019 – 256 pages – 18,50 euros