La Papeterie Tsubaki d’Ito Ogawa aux éditions Philippe Picquier

«  l’Aînée plaçait la beauté de l’écriture au-dessus de tout et elle y est restée attachée jusqu’à son dernier souffle. Mais elle refusait de sombrer dans l’artifice.

Si tu as une belle plume mais que personne n’arrive à te lire, ça n’a rien d’élégant, c’est juste impoli, martelait-elle.

Une écriture magnifique, ça n’a aucun sens si le destinataire ne parvient pas à al déchiffrer. Alors, même s’il lui arrivait de s’exercer au style cursif, en pratique, elle ne l’utilisait presque jamais dans son travail. La clarté et la précision sont essentielles, car un écrivain public n’est pas un artiste calligraphe : ces principes m’ont été inculqués dès ma plus tendre enfance.  »

Tout simplement magnifique l’histoire de cette jeune femme, Hatoko, héritière de la papeterie de sa grand-mère dite l’Aînée. Cette dernière lui a enseigné l’art d’écrire pour les autres, elle devient donc écrivain public. Dans ce lieu hors du commun, viennent des personnes bien différentes, avec des demandes très particulières. C’est dans une extrême sensibilité, perfection, que Hatoko écrit pour les autres.  » Une fois que je sais plus ou moins ce que je vais écrire, je commence par choisir mes outils d’écriture. Le même texte offre un visage totalement différent selon qu’il est rédigé au stylo-bille, au stylo-plume, au stylo-pinceau ou au pinceau.  » C’est tout un art, celui de choisir le papier, l’encre, le timbre et les mots pour satisfaire la demande. La teinte de l’encre varie selon les émotions à retranscrire, bien différentes sera pour une lettre d’amour que celle de rupture. Tout en poésie, je suis tombée sous le charme de cet endroit extraordinaire, de la sensibilité je pourrais dire à fleur de papier que chaque page de ce roman souffle à notre esprit. Petite merveille de cette délicate culture japonaise.

C’est le premier roman que je lis de cette auteure, après quelques recherches j’ai vu qu’elle avait écrit bien d’autres romans, je pense très vite en découvrir d’autres, car sa plume paisible, poétique m’attire beaucoup déjà très sensible à la littérature asiatique.

La papeterie Tsubaki de Ito Ogawa

Traduction : du japonais par Myriam Dartois-Ako

Éditions : Philippe Picquier

Parution : août 2018 – 375 pages – 20 euros

http://www.editions-picquier.com/ouvrage/la-papeterie-tsubaki/