La rose de Saragosse de Raphaël Jerusalmy aux éditions Actes-Sud

« Ménassé s’enquiert poliment de la santé des uns et des autres puis se tourne vers son vieil ami, Abraham Cuheno, qui revient de Madrid. Abraham annonce qu’il n’est pas porteur de bonnes nouvelles. Le grand Inquisiteur de Castille, Tomas de Toquemada, a obtenu que ses décrets s’appliquent à toute l’Espagne. L’ordre des Frères dominicains, auquel Torquemada appartient, jouit désormais des pleins pouvoirs judiciarises sur toute personne soupçonnée de défier les préceptes de la foi catholique. D’ici peu, nul ne sera à l’abri d’un procès d’hérésie, de sorcellerie ou de n’importe quelle lubie qui passera par la tête des frères purificateurs. »

Nous sommes en 1485 à Saragosse, l’Inquisition bat son plein et le dominicain Torquemada, suite à l’assassinat de son prédécesseur, le père Pedro de Arbuès, est investi par le roi du titre de Grand Inquisiteur.  Une enquête  est donc menée qui est toute dirigée vers les juifs convertis et donc suspects. En scène, entre deux familles juives, Les Ménassé et les Cuhéno. Ils sentent l’inéluctable, PARTIR, seulement les enfants, Léa, peintre et Yéhuva vont faire face à un familier du nom d’Angel de la Cruz.

C’est un récit court certes mais porté par une puissance d’écriture. Poétique, l’auteur nous plonge au cœur même de l’art :  » Ce n’est pas dans ce que tu regardes que réside la magie de ce que je viens de graver. Mais dans la perception que tu en as et qui est elle-même illusoire car cette rose n’a d’autre âme que la tienne. »

La rose de Saragosse de Raphaël Jerusalmy                                                        

Éditions : Actes-Sud

Paru : janvier 2018 – 189 pages – 16,50 euros