La Terre invisible de Hubert Mingarelli aux éditions Buchet-Chastel

 » La femme avec les bottes de soldat était en bas de la rue, assise sur la charrette dans l’obscurité. Elle se parlait et ne me vit pas passer. Tout le long des rues obscures, je pensai à elle et, à un moment, la bière agissant encore sur moi, j’eus envie d’y retourner pour photographier ce qu’elle se disait. Puis je vis de loin les fenêtres de l’hôtel encore éclairées, et suspendu au premier étage le drapeau britannique qui tombait comme un grand drap qu’on fait sécher. La sentinelle adossée à l’entrée me fit un signe, je lui répondis « Bonne nuit » et il secoua la tête comme à une plaisanterie. Je montai les étages et, une fois dans la chambre, je frappai sur le mur pour prévenir le colonel Collins que j’étais rentré et m’allongeai. Je n’attendis pas longtemps, il entra, ses bretelles tombaient sur ses hanches, il suait beaucoup et dans la pénombre il m’impressionnait. Mais en plein jour il avait un air assez doux et regardait pensivement les choses et les hommes. En attendant de retourner chez lui, au Pays de Galles, il administrait la ville avec ses officiers depuis le gymnase municipal, le seul endroit assez vaste qui tînt encore. Je l’avais suivi avec son régiment du génie de la frontière française jusqu’en Bavière, et depuis que nous étions à Dinslaken il venait presque chaque soir. Il était photographe amateur. Nous parlions photographie et parfois des ponts qu’il construisait avant la guerre.  »

J’avoue qu’il m’est difficile de vous parler de ce livre. En effet je ne peux pas dire que je n’en ais pas apprécié la lecture mais je ne peux dire avoir été sous le charme de l’histoire racontée non plus, bien que j’ai savouré au fil des pages la délicatesse de l’auteur.

Le sujet est fort, puissant, un homme photographe, le narrateur, en 1945, alors qu’il pensait avoir tout photographié, décide de partir photographier des habitants. C’est avec O’Leary, celui qui va être son chauffeur pendant cette expédition, qu’ils vont ensemble sur les routes, à travers les chemins et les champs vivre cette aventure. Il ne se passe rien en fait et en même temps même si rien n’est dit tout est suggéré et tout se passe dans les yeux, les regards, les rires de ces gens photographiés.

Roman tout de même qui me reste énigmatique. Suis je passée à côté ?  Oui en lisant les derniers mots de cette histoire j’ai comme un sentiment de n’avoir pas tout compris !

Merci à Netgalley et aux éditions Buchet-Chastel pour leur confiance.

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La Terre invisible de Hubert Mingarelli

Éditions : Buchet-Chastel

Paru :      192 pages – 15 euros