La tresse de Lætitia Colombani aux éditions Grasset

 » C’est le début d’une histoire.
Une histoire novelle à chaque fois.
Elle s’anime là, sous mes doigts.
D’abord, il y a la monture.
La structure doit être assez solide pour supporter l’ensemble.
La soie ou le coton, pour la ville ou la scène. Tout dépend. Le coton est plus résistant, la soie plus fine et plus discrète.
Il faut un marteau et des clous.
il faut aller doucement, surtout.
Puis vient le tissage.
C’est la partie que je préfère.
Sur le métier devant moi
Trois fils nylon sous tendus.
Saisir les brins, dans la botte, trois par trois,
Les nouer sans les casser.
Et puis recommencer des milliers de fois.
J’aime des heures solitaires, ces heures où mes mains dansent.
C’est un étrange ballet que celui de mes doigts. 
Ils écrivent une histoire de tresse et d’entrelacs.
Cette histoire est la mienne.
Pourtant elle ne m’appartient pas. »

Un roman superbement tressé. Trois destins de femmes, trois vies bien différentes que rien ne semble lier et pourtant…Les cheveux sont le point de départ par laquelle se compose cette histoire. Le courage, l’envie de changer un destin culturel, imposé par les traditions comme celui de Giulia, la Sicilienne et celui de Smita l’Indienne. La volonté d’aller à l’encontre d’une vie marquée par une vie professionnelle brillante mais envahissante, destructrice. IL faut aller au bord du précipice pour que Sarah, la Canadienne, réalise combien elle aime ses enfants, elle même, sa vie mais autrement. La maladie va être son signal, son alerte pour enfin changer.

Un roman très humain, optimiste, nous dévoilant petit à petit combien nos vies  peuvent être liées dans cette société mondialisée. L’auteure, en nous racontant cette histoire nous ouvre les yeux, nous aide à prendre conscience de ce fait indéniable aujourd’hui. Elle nous interpelle sur le fait que de nos différences, comme celle de Giulia et de son ami Kamal, nous pouvons créer des liens dans l’idée d’avancer autrement. Au lieu de se laisser envahir par des préjugés, des frontières, quelles soient culturelles ou géopolitiques, nous pouvons créer ensemble. 

J’ai beaucoup apprécié la lecture de ce premier roman, autant le fond que la forme, j’espère que Lætitia Colombani nous offrira d’autres histoires aussi touchantes dans toute son humanité.

La tresse de Lætitia Colombani
Éditions Grasset
Paru : Mai 2017 – Nouveau tirage : Janvier 2018 -222 pages – 18 euros 
https://www.grasset.fr/la-tresse-9782246813880 
et pour écouter une petite chronique sur la chaîne youtube de l’univers elicec :  https://www.youtube.com/watch?v=zvXvbQfDSbk