Le colis d’Anosh Irani aux éditions Philippe Rey

« Madhu est une hijra : née dans un corps d’homme, amputée de ses attributs sexuels masculins, elle est une sorte de troisième sexe, ni homme ni femme. La quarantaine passée, après des années de prostitution, Madhu doit mendier pour vivre et rester auprès de sa gurumai, sa guide. Par l’entremise de cette dernière, Madame Padma, tenancière redoutée, lui confie une mission qu’elle ne peut refuser : s’occuper d’un colis. Les colis, ce sont ces fillettes, vendues par leurs familles pour devenir des esclaves sexuelles, à qui il faut faire comprendre que leur sort est scellé, qu’elles ne pourront jamais s’échapper de Kamathipura, le quartier rouge de Bombay.

Beaucoup de souvenirs remontent à l’esprit de Madhu : son enfance engoncée dans un corps qui n’était pas le sien, sa rencontre avec celle qui fera d’elle une hijra, le rejet de sa famille, ses années fastes, puis les regrets, la nostalgie, les remords aussi. Malmenée par la vie, éminemment lucide, Madhu raconte la noirceur du monde dans lequel elle vit. Pour autant, une petite lueur continue à lui dire qu’une rédemption est possible – si ce n’est pour elle, peut-être pour les autres.

Anosh Irani signe ici un roman d’une grande puissance, sombre et émouvant. Et fait résonner longtemps chez son lecteur l’âme et la voix de Madhu. » (editions Philippe Rey)

J’ai pu lire à la suite et sans connaître vraiment les sujets, deux romans racontant l’histoire de hijra, assez incroyable me direz-vous ! Avant de lire le tout dernier roman d‘Arundhaty Roy, j’ai donc découvert cet auteur Indien, vivant au Canada, Anosh Irani et son roman Le colis. C’est un roman qui ne peut nous laisser indifférent, encore après la lecture Madhu, cette jeune femme qui fait le choix d’être hijra, nous hante. Effectivement, elle est très attachante, troublante,  sa vie est plus que surprenante au cœur de ce quartier rouge de Bombay. Malgré cette ambiance sombre, terrifiante, le cœur de cette femme illumine son être et le livre.

Le colis d’Anosh Irani

Traduit de l’anglais (Inde) par Mélanie Basnel

Édition : Philippe Rey

Paru : janvier 2018 – 336 pages – 21 euros