Le dernier des justes d’André Schwarz-Bart aux éditions Seuil

 » Quand le rivage lui parut suffisamment loin, il s’arrêta et vit à l’immensité du ciel qu’Ernie Lévy était une poussière égarée dans l’herbe. A cet instant, il ressentit le vide, comme si la terre se fendait sous ses pieds, et tandis que ses yeux jouissaient de l’immensité du ciel, ces paroles vinrent doucement à ses lèvres :  » Je suis rien.  » La terre à l’entour dégageait son odeur. Toutes choses étaient  fixes et enveloppées dans l’odeur de la terre. Le silence avait cette odeur là, et les effluves du soleil, et le bleu immuable d’en haut.  »

Il m’est bien difficile d’essayer d’écrire quelque chose suite à la lecture magistrale de ce roman si mal connu : Le dernier des justes.

Il a fallu pour ma part, lire Yann Plougastel, le mois dernier,  à travers le récit formidable qu’il a co-écrit avec Simone Schwarz-Bart Nous n’avons pas vu passer les jours (ed : Grasset ) pour découvrir cet homme, ce couple qui m’a totalement fascinée Simone et André.

Ensuite ma curiosité m’a invitée à lire Le dernier des justes, souhaitant approfondir la connaissance de cet auteur dont je n’avais, je crois, jamais entendu parlé !

Je suis aujourd’hui comblée par cette lecture, même si cette lecture peut être éprouvante par certains côtés, mais c’est une véritable plume que j’ai découvert, une plume rare. Sur le fond, le roman nous raconte donc tout d’abord la légende des Justes et de laquelle, ensuite, va naître toute une lignée de Justes, la dynastie des Lévy, dont Ernie Lévy, le protagoniste de cette histoire fait partie.

Lui c’est un jeune homme en 1945, et il va poursuivre sa destinée, après avoir connu la haine, la honte, la douleur de la perte, de l’injustice dans cette Europe à feu et à sang, criminelle … Et pourtant, il va apportant autour de lui ce que nous pourrions qualifier d’espérance et de grand amour infini jusque la fin toute proche, des pages qui sont d’une grande émotion !

Tout le long de ce récit, en moi s’est imposée cette question : Pourquoi la persécution massive d’une race, dite la race juive ? Je ne comprendrais jamais et je pense qu’il n’y a même pas à comprendre. Qui sait ? L’auteur non plus ne réponds pas à cette réflexion … il invite à écouter en nous racontant.

Voilà l’éternelle question !

Un roman incomparable, magistral sur la destinée juive qui devrait être lu , abordé, médité dans tous les collèges…. Et dans bien d’autres lieux encore et toujours, que je vous invite, vous aussi à lire.

Merci Monsieur Schwarz-Bart d’avoir signé cette grande œuvre nécessaire !

Œuvre qui a été récompensée du Prix Goncourt en 1959.

Le dernier des justes d’André Schwarz-Bart

Éditions : Seuil

Paru : 1959 – réédition poche 1996 – 425 pages – 8 euros