Le gardien de nos frères d’Ariane Bois aux éditions Belfond

 » – Bonjour, je m’appelle Pierre. Vous êtes là parce que nous avons besoin de vous.

…. Aujourd’hui nous sommes confrontés à une situation inédite. Je ne vous apprendrai rien en vous disant que peu de gens sont rentrés des camps de la mort. Deux mille à peine. Le Lutétia, c’est terminé. La gare de l’Est aussi. IL n’y aura plus de retours de déportés.

Simon retient son souffle. C’est la première fois qu’il entend résumer de manière aussi brutale ce qui l’obsède depuis des mois.

– S’accrocher à l’espoir de revoir un jour les absents n’a aucun sens. Mais ces déporté avaient des enfants, parfois des bébés. Cachés par les organisations juives, certains se trouvent déjà dans des maisons d’enfants. On compte actuellement trois mille orphelins, répartis dans soixante maisons. »

Oh un grand merci à Ariane Bois que j’ai découvert il y a quelques semaines avec son dernier roman L’île aux enfants édité chez Belfond, qui m’avait tant chamboulée et c’est pourquoi j’ai eu envie de lire  Le gardien de nos frères. Bon à priori, je me suis dit en lisant le sujet, sans y prêter plus attention, encore un livre sur la guerre 39-45. J’ai hésité ….

Et puis très vite j’ai été happée par l’histoire. Ainsi, je remercie l’auteure de m’avoir donnée une lecture aussi intense sur le plan émotionnel .

Je la remercie car ce livre nous offre un épisode que je ne connaissais pas vraiment, qui est la résistance juive et cette commission de dépistage.

Elle nous raconte comment des jeunes juifs se sont mis au service de cette commission qui avait pour but de retrouver tous les enfants juifs cachés, confiés à des couvents, des familles.. pendant la guerre #Guerre 39-45

Cette histoire c’est donc l’histoire de la famille Mandel, une famille juive bourgeoise vivant à Paris. Henri et Marguerite ont quatre enfants, Lucien, Madeleine, Simon et le petit dernier Elie. Simon à 16 ans en 1939, il voit son père partir, son frère partir et avec le reste de la famille il quitte Paris pour Toulouse. Seulement lors d’une rafle, la maman va être prise … Le petit est donc confié à une nounou, Madeleine va aider à passer des enfants en Suisse ….. et Simon va se battre, prendre le maquis.

A la fin de la guerre, Simon se retrouve seul, il apprend la mort de tous les siens, il reste Elie mais celui ci est introuvable. Anéanti, Simon suite à la demande de son ami Lionel va être missionné pour devenir dépisteur dans la région du sud-ouest. Et c’est là qu’il va rencontrer et travailler avec Léna, une jeune juive rescapée du ghetto de Varsovie.

Beaucoup d’émotion dans ce roman qui raconte l’incroyable. Mais je me garde bien de vous en dire plus.

Comme dans L’île aux enfants, j’apprécie beaucoup comment l’auteure pénètre l’âme profonde de ses héros. Et puis ce travail de terrain à propos de l’Histoire est remarquable. Retrouvons-nous là, le travail de la journaliste ? Certainement mais elle a ce plus que beaucoup de ses confrères ne parviennent à atteindre, elle va plus loin qu’un simple rapport, elle donne vie, émotion et cela est extraordinaire pour mettre en œuvre un magnifique roman. #LegardiendenosfrèresDeArianeBois#universelicec

Le gardien de nos frères d’Ariane Bois

Éditions : Belfond

Paru : mars 2016 – 392 pages – 19 euros