Le jardin Arc-en-ciel d’Ogawa Ito

«  Une famille n’en est pas une dès le départ, elle le devient avec le temps, jour après jour, à forces de rires, de colères et de pleurs.

Du coup, si on néglige cet effort, malgré les liens du sang, la famille se disloque, se désintègre. Comme celle où je suis née et où j’ai grandi.  »

 

Depuis que j’ai découvert cette auteure Japonaise avec son tout dernier roman La papeterie Tsubaki, j’ai envie de lire toute son œuvre, tant j’aime son style, sa poésie, son audace.

Dans ce roman, Ito Ogawa nous raconte l’histoire de deux femmes, Izumi tout juste divorcée et Chiyoko, très jeune, encore lycéenne. Leur rencontre sur un quai de gare est un véritable un coup de foudre. Alors que Chiyoko décide de mettre fin à sa vie, une main se tend vers elle, c’est cette jeune femme Izumi qui l’invite à la suivre. Izumi a déjà un fils de son premier mariage, Sosûke que très rapidement Chiyoko adopte et avec qui va se créer un lien très fort. Ce qu’elles ne savent pas encore toutes les deux, c’est que Chiyoko est enceinte et alors qu’elles viennent toutes deux de fuguer, de tout abandonner pour vivre leur vie amoureuse, une petite fille, du nom de Takara va naître.

C’est un magnifique roman sur la famille, l’amour, la mort. Tout ce qui fait la vie va être joliment raconté par chacun des personnages de cette histoire. C’est très intéressant de suivre chacun dans leur façon de vivre les choses, de vivre cette famille empreinte de joie, de peine, d’interrogation, de colère, d’empathie… Avec poésie, tout en pudeur l’auteur ose dépeindre l’amour, la famille, la mort. C’est avec beaucoup d’émotion que j’ai lu le rite de l’adieu à l’aimée, la mère … Les gestes si délicats de la thanatopractrice. Cela m’a remis en mémoire le film si fort Departures de Yojiro Takita (2008). Tout une culture que cette culture asiatique qui voue une importance très particulière au mourir, à la mort, au dernier voyage.

Un très beau roman aux couleurs de la vie, aux couleurs de l’arc-en ciel.

Le jardin Arc-en-ciel de Ito Ogawa

Traduction : du japonais par Myriam Darrois-Ako

Éditions : Philippe Picquier

Parution : septembre 2016 – 296 pages – 19,50 euros