Le poète de Gaza de Yishaï Sarid

 » Pour notre deuxième rendez-vous, je suis arrivée à l’heure dite, propre et rasé de près, avec un pantalon trois quarts, exactement comme quelqu’un qui a fait un gros coup en montant une start-up et a pris une retraite anticipée. J’étais une peu stressé et, en grimpant les trois étages, j’ai senti ma respiration s’accélérer à l’idée que j’allais m’asseoir dans la fraîcheur de se cuisine, respirer l’odeur de son romarin, discuter avec elle de mon pseudo- roman, bref, parler avec une personne aussi charmante et cultivée que Dafna.

Si ce n’est que, cette fois, l’appartement était plongé dans la pénombre, les volets fermés, elle m’a ouvert les cheveux en bataille et en robe de chambre, comme si je l’avais réveillée. Situation qui n’avait rien d’agréable.

« Je suis désolé, je me suis peut être trompé d’heure », ai-je marmonné sur le seuil.

….Un peu de lumière a pénétré dans la pièce et elle a disparu dans les profondeurs de son appartement. J’ai donc pu détailler la grande lithographie accrochée au mur, une œuvre de Tomarkin représentant un femme debout  au milieu du cercle de pierres formant la tombe d’un cheikh, avec, au dessus, le croquis d’une cathédrale. Peut-être était-ce elle, la femme, elle avec vingt ans de moins ? Quelques minutes plus tard, elle es venue vêtue d’un jean et d’un long tee-shirt usé qui cachait les contours de son corps. Elle était pâle, semblait épuisée, des cernes noirs soulignaient ses yeux. J’ai cherché des traces de coups, en vain. »

Lui, marié, père d’un petit garçon vivant à Tel-Aviv , agent des services secrets israéliens se voit confier une mission particulière. IL doit rentrer en contact avec cette femme Dafna, une romancière israélienne, en se faisant passer par un auteur en quête de conseil. Mais l’idée est qu’elle accueille chez elle, son grand ami Hani, poète à Gaza et souffrant d’un cancer en phase terminal. pour un but bien précis mais que je ne vous dévoilerais pas de toute évidence pour ne pas gâcher le plaisir du suspens.

C’est un triller captivant qui se joue au cœur de la société israélienne. Une agréable lecture bien que j’ai vite deviné ce qui allait arriver.

Le Poète de Gaza figure dans la ‘short list’ du prix littéraire international IMPAC de Dublin et est finaliste du prix des Lectrices de Elle dans la catégorie policiers.

Le poète de Gaza de Yishaï Sarid

Traduction : Laurence Sendrowicz

Éditions: Actes-sud

Paru : janvier 2011 – 224 pages – 20,30 euros