Les bracassées de Marie-Sabine Roger aux éditions la brune au rouergue

«  Vivre c’est mécanique il suffit de respirer de boire de se nourrir Ce qui gêne ce qui tue c’est toujours le regard Celui qui vous détaille sans vergogne Celui qui vous évite par pudeur hypocrite mais vous file de loin Celui qui vous transperce ou pire qui ne vous regarde plus. Vivre n’est pas un problème C’est vivre ensemble qui.  »

 

Le regard des autres. Voilà deux personnes qui souffrent, entre autre, du regard des autres. Deux femmes, l’une jeune Harmonie de son prénom et l’autre plus ancienne, Fleur, que nous présente dans son tout dernier roman Marie-Sabine Roger. Toutes deux sont en souffrance. Harmonie vit avec le syndrome de Gilles de la Tourette, c’est à dire quelle peut à tout moment avoir des mouvements non contrôlés et son langage peut être ponctué de mots grossiers. Et Fleur, elle est agoraphobe et phobique sociale. Des bracassées comme les a maladroitement surnommé Freddie le compagnon d’Harmonie. Tout une histoire se trame entre ces deux protagonistes qui se racontent avec humour et tendresse. L’une cherche du travail, l’autre souhaite une personne pour veiller son son chien lorsqu’elle part en consultation médicale. Et c’est la rencontre, certes désastreuse à ces débuts «  La jeune femme a cessé brusquement de frapper dans le mur, elle a levé les yeux sur moi. J’ai demandé : -ça va ? Je n’ai pas trouvé autre chose à lui dire. J’avoue que je manquais un peu d’inspiration. Elle a dit, textuellement : -J’ai mail au bras. Salope. » mais qui va vite prendre une dimension exceptionnelle. Je ne vous en dévoile pas plus, vous invitant à le lire. Un roman drôle, émouvant car il traduit bien les mal êtres et surtout ne nous laisse pas indifférent car nous sommes tous un jour confrontés au regard, de l’autre comme du nôtre !  « Look art. L’Art du regard. J’essaie d’expliquer mon idée leur dire que tout ce qui fait de nous ce nous sommes tout absolument tout prend naissance dans le regard. Celui que les autres posent sur nous Celui qu’on pose sur nous même Sur le voisin l’ami l’ennemi la famille. Je dis Je suis sûre que chacun chacune de nous ici a souffert un jour du jugement d’un autre. »

«  Ce qu’on sait de quelqu’un empêche de le connaître. Ce qu’on en dit, en croyant savoir ce qu’on dit, rend difficile de le voir. » C Bobin, Le Très-Bas

Les bracassées de Marie-Sabine Roger

Éditions : La brune du rouergue

Parution : août 2018 – 315 pages – 20 euros

https://www.lerouergue.com/catalogue/les-bracassees