Les guerres intérieures de Valérie Tong Cuong aux éditions JC Lattès

«  Il était fragile mais prêt, lorsque Emi Shimizu est apparue devant lui et, avec elle, la sensation subtile d’une renaissance. Quelques phrases, un grain de peau, un sourire fugitif, une présence magnétique ont suffi à le convaincre qu’il trouverait en elle la réponse à ses questions les plus intimes. Il s’est senti pardonné par une instance supérieure, touché par la grâce et l’amour. Il a eu envie de pleurer d’une joie profonde, lorsqu’elle a accepté, ce soir-là, de l’accompagner chez lui : il s’est cru sauvé.  »

Magnifiquement écrit ce roman qui nous raconte trois personnages : Pax un comédien, Alexis, un jeune étudiant agressé chez lui violemment et sa mère Emi, un femme qui culpabilise. Pax réside dans le même immeuble qu’Alexis, ils ne se connaissent pas. Le jour où tout a bousculé pour le jeune homme, qu’il va être victime de la pire des agressions gratuites, Pax passait chez lui, il a entendu et vu un homme sortir de l’immeuble. Mais lors de l’interrogatoire des gendarmes, il nie avoir vu quiconque. Il nie parce qu’il a peur, et cette peur va le ronger. D’autant plus que dans le cadre de sa vie professionnelle, il va rencontrer Emi dont il va tomber éperdument amoureux.

Saisissante de beauté et d’humanisme cette histoire dans tout ce qu’elle a de plus violent, dans l’espoir qui peut alors que tout semble perdu, aussi renaître !

Fragilité de la vie comme de l’être vivant, vie brisée, rêve perdu pour celui qui n’avait rien demandé que de vivre ses rêves, quand tout bascule si violemment, quand la culpabilité d’une mère ronge jusqu’au sang, la culpabilité de celui qui a vu mais par peur ne peut parler….Valérie Tong Cuong a trouvé le ton, est parvenue à me laisser attendrir par ce Pax que j’ai eu tant envie de bousculer pourtant, mais non, elle nous tend la main pour essayer de le comprendre en écoutant ce qu’il peut ressentir au plus profond de son être, comme cette mère déchirée, anéantie…et ce fils pour qui nous ne pouvons que ressentir beaucoup de tendresse. Un roman poignant et sensible.

Les guerres intérieures de Valérie Tong Cuong

Éditions : JC Lattès

Paru : août 2019 -238 pages -19 euros