Les miracles de l’Ourcq de Véronique Pierron aux éditions Presses de la cité

«  Juno travaillait dans les cuisines d’une brasserie de la Défense. Il faisait la plonge. A partir du moment où il était propre et ponctuel, le patron ne lui posait pas de questions. Toutes les semaines, il recevait sa paye en cash et trouvait cet arrangement plutôt parfait. « C’est plutôt parfait », répétait-il en imitant le Vieux, et il riait. Au restaurant, il était bien traité et bien nourri. Il s’entraînait et apprenait avant de prendre son envol, persuadé que ce pays était fait pour lui et lui pour ce pays. Cette certitude ne valait-elle pas quelques sacrifices ? Alors, Juno lavait chaque jour des dizaines d’assiettes, de couverts, des verres à profusion, des plats, des casseroles, des poêles et des cocottes. Jamais il ne se plaignait et continuait à sourire car il avait la chance d’avoir un vrai boulot provisoire. Tout le monde ignorait encore qu’il était un chevalier dont la destinée était de prendre d’assaut la capitale pour la déposer aux pieds de ce coup de soleil aux cheveux blonds appelé Isabelle.  »

Voici un roman dédié aux oubliés de la société, les exilés, les malades … Tous vivent sur les bords du canal de l’Ourq, enfin il y a ceux qui vivent rive gauche et ceux vivant rive droite : les Roms et les voyageurs. Ils sont installés dans des caravanes ou des cabanes en bois bricolées.

On s’attache à toutes ces personnalités particulières : Juno arrivé du Brésil,  » persuadé que ce pays était fait pour lui et lui pour ce pays « , Le Vieux, qui ayant perdu sa femme, a sombré dans l’alcoolisme délaissant deux enfants, Sandra victime d’une descente en enfer après une vie tout à fait ordinaire et qui souffre du syndrome Gilles de la Tourette….Bella la voyante, Cosmin, la jeune Anna…. Et Isabelle ! Qui est cette fameuse Isabelle ? C’est une jeune femme handicapée suite à un accident de la route, écrivaine.

Voilà je ne vais pas vous en dire davantage pour que comme moi vous soyez pleinement surpris par chacun de ces personnages de ce roman qui vivent ensemble ou vont se rencontrer !

Ces personnages qui parviennent à garder l’espoir, c’est incroyable comme ils sont beaux dans leur âme ces femmes et ces hommes, ces jeunes et ces vieux vivants ensemble et même ces morts. Oui car ils sont là eux aussi, entre le Vieux qui lui installé sur son  nuage essaye d’aider ses amis…… en créant ces petits miracles, peut être d’ailleurs un peu trop farfelus, comme l’idée du Requin blanc, lui même a trouvé cette idée peut être exagérée car il a eu des conséquences tout de même dramatique et irréversibles, ce fantôme qui a tant aimé Bella et qui lui revient….

C’est étrange, moi qui aime les histoires, celles qui débordent d’imagination …. je ne sais pas pourquoi je n’ai pas été captivée totalement comme je l’avais imaginé être en lisant la quatrième de couverture. Peut être que trop c’est trop .. Trop de malheur, trop de miracles ……

Dans cette lecture j’ai trouvé des échos à ma dernière lecture de Mathias Malzieu avec Une sirène à Paris …. que j’avais adoré par ailleurs … on retrouve aussi avec Sandra, un des personnages du dernier roman de Martine Sabine Roger : Harmonie, elle aussi victime du syndrome de Gilles de la Tourette.

En tous les cas, c’est un livre heureux malgré une ambiance pesante, un livre qui révèle la solidarité, l’amour, l’espoir et qui sous sa forme de fable, a une résonance avec tout ce qui se passe aujourd’hui. Oui ces gens aux abords de Paris, par exemple, ces gens appelés Migrants à ce jour sont des personnes à part entière, qui savent aussi vivre de trois fois rien, savent garder l’espoir, l’espoir de retrouver une vie meilleure dans ces conditions inhumaines.

Personne ne sait de quoi sera fait demain. Qui peut dire que moi je ne serais pas le prochain à la rue ? Voilà ce que l’auteure Véronique Pierron nous redit avec une plume très fantaisiste.

Merci à la plateforme NetGalley et aux éditions Presses de la cité pour leur confiance.

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Les miracles de l’Ourcq de Véronique Pierron

Éditions : Presses de la Cité

Paru : 3 octobre 2019 – 320 pages – 20 euros