Les racines du mandarinier de Cécile Oumhani aux éditions Elyzad

 » La lumière, très pâle inonde la chambre avec la discrète rumeur des vagues qu’elle n’entend même plus, pas plus qu’elle ne sent l’odeur iodée qui règne partout dans la maison. Maire a coutume de s’endormir, persiennes ouvertes, séparées de l’ampleur de la mer par le fer forgé de la fenêtre. Ainsi elle est saisie par l’aube et sa fraîcheur, dès le printemps, avant que ne reviennent l’été et les journées d’incandescence. »

 

Deux étudiants se rencontrent à Paris et tombent en amour avec pour grande passion la littérature. Marie et Ridha. Lui est Tunisien et il décide un jour de venir s’installer au Pays où toute sa famille à lui l’attend.

Seulement Marie va découvrir un autre Ridha, voué entièrement à elle alors qu’ils vivaient à Paris, dans son pays, retrouvant sa famille et ses amis, rien n’est plus pareil. Pour elle, il la délaisse alors qu’elle a tant besoin de compagnie, de présence, sa manière d’être avec elle n’est plus la même. Et puis il y a cette fameuse cousine Fadhila qui tourne autour du couple.

Très vite il trouve du travail comme professeur, éloignés de la famille, ils se retrouvent tous les deux dans une ville de l’arrière pays.  » Marie savoure leur complicité, la tendresse de son bras sur son épaule, son regard qui devine ce qu’elle n’a pas dit.  » Elle veut y croire, et tombe enceinte. Mais rapidement elle vit l’ennui au fil de ses journées moroses sans compagnie, sans âme avec qui partager ses joies et ses peines, ses passions… Sa maison est son seul univers. Sa belle mère vient à son aide les derniers temps de la grossesse, qui est quelque peu difficile, mais comme elle confiera plus tard, elle aurait dû venir bien avant….

L’enfant né, un joli garçon met le papa en joie, la maman est différente, quelque chose s’est brisée en elle. Et elle va devoir laisser son fils à sa belle mère pour se faire soigner. Et ne le reverras jamais.

L’auteur donne voix à Marie qui raconte sa détresse dans ce pays qui n’est pas le sien avec ce bien-aimé qu’elle ne retrouve pas, qu’elle croit avoir perdu. Puis quelques années plus tard, à Sofiane, ce jeune homme cultivé de 22 ans qui n’est que le fils du couple meurtri, qui ne s’est pas compris et à Oumi Saïda, la belle mère de Marie.

Ce récit est magnifique tout en poésie et élégance. C’est le premier roman de Cécile Oumhani que je découvre et je suis sous le charme de sa plume, sa délicatesse à fleur de mot. Merci à elle pour ce merveilleux texte emprunt de sensibilité et d’amour.

Les racines du marinier de Cécile Oumhani

Éditions : Elyzad (poche)

Paru : deuxième trimestre 2016 – 245 pages – 9,90 euros