Les vivants au prix des morts de René Frégni aux éditions Gallimard

Ce dernier roman de René Frégni est au début de l’histoire un véritable tableau de Giono . C’est un journal qui se veut intime :  » J’ai commencé à écrire comme on rencontre une femme, n’importe où, brusquement sans réfléchir. »

Sa plume s’envole d’un regard de femme à un chant de mésange.

 » Je ferme les yeux et je dessine sa silhouette qui ouvre les roseaux, écarte les griffes d’une ronce, franchit un ruisseau comme un oiseau qui entrouvre ses ailes pour bondir sur le galet suivant. »

Tout est murmure et chuchotement, beauté et poésie jusqu’à ce fameux coup de téléphone qui va troubler cette vie paisible, le destin du narrateur comme celui de son journal, ce fameux cahier rouge.

Comme à chacun de ses romans, je suis très touchée par la plume délicate de cet auteur du sud, qui laisse danser ses mots comme ils chantent dans sa bouche..Par ses personnages toujours attachants car remplis d’humanisme malgré parfois des destins tragique et mafieux. René Frégni se plait à aller au plus profond justement de ces êtres en détresse, il sait les délier de leur chaîne pour laisser respirer leur cœur. 

Les vivants au prix des morts de René Frégni

Éditions : Gallimard, collection blanche

Paru : mai 2017 – 192 pages – 18 euros