L’Italienne qui ne voulait pas fêter Noël aux éditions Buchet-Chastel

 » Mais je n’avais pas oublié Serguei Jean-Michovitch. Au contraire : après le déjeuner, enfermée dans ma chambre, tandis que j’emballais les cadeaux étalés sur mon lit, et tout en fredonnant un joli chant sicilien de Noël intitulé Susi pasturi, je mesurai combien il avait eu raison : l’appartenance n’était pas une fiction qui mène à l’obscurantisme et à la guerre, comme je l’avais cru, mais un lien conscient et nécessaire avec nos racines, qui sont ce qui nous maintient debout ; l’appartenance était une chose très jolie, parfois instrumentalisée, hélas, à des fins répréhensibles, mais qui en elle-même n’était pour rien dans les malheurs de l’humanité.  »

Francesca est italienne, de Palerme plus exactement. C’est une jeune étudiante en littérature à Paris et elle nous raconte à nous lecteur cette histoire, comme elle l’a raconte à son chat souris ! 

Lors d’un dîner avec ses amis Serguei (professeur la à Sorbonne, qui fut son amant, devenu son ami) et Mathieu son compagnon, ils vont avoir une discussion à la fois des plus sérieuse comme on pourrait imaginer des plus invraisemblable sur le thème de l’appartenance. De son côté elle soutient le fait que l’appartenance est une idée dangereuse, source de conflit, lui, il est d’avis que l’appartenance est nécessaire, c’est une histoire de racine.  Et lui vient l’idée d’imposer à Francesca un défi et pas des moindres, il  lui demande puisqu’elle se dit n’appartenir à quiconque comme à aucune tradition qu’elle soit culturelle, politique ou autre, de ne pas fêter Noël avec sa famille.

Piquée au vif, elle va mener le défi afin de démontrer à ses amis combien elle peut être très indépendante, même si elle est Italienne, en allant chez les siens à l’occasion des fêtes mais en ne restant pas à leurs côtés le soir du 24 décembre, en démontrant qu’en  » Italie aussi, ils savaient piétiner les fondamentaux. »

Cependant accepter ce défi, va lui faire vivre bien des choses, entendre des paroles qu’elle était loin d’imaginer !!

Mais Serguei était-il vraiment sérieux ? Qui se cache derrière cette personnalité qui se permet d’imposer une tel défi ? Car il faut bien noter qu’il n’a pas choisi n’importe quelle fête en plus, n’est ce pas ! il a choisi peut être la fête la plus sacrée dans cette Italie catholique emprise à la tradition bien plus que chez nous en France. Est-il tout à fait possible de se soustraire à certaine tradition sans que cela ne devienne un drame ?

Et sa famille comment va-t-elle accueillir cette idée ?

A la fois Drôle, ironique mais pas que, car sous couvert d’un humour certain, l’auteur nous invite à une réflexion pertinente, philosophique sur l’appartenance et la famille.

Une jolie tragi-comédie à l’italienne qui nous offre un excellent moment de lecture.

Merci à la plateforme Netgalley et aux éditions Buchet-Chastel pour leur confiance.

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L’italienne qui ne voulait pas fêter Noël de Jérémie Lefebvre

Éditions : Buchet-Chastel

Paru : 24 octobre 2019 – 258 pages – 16 euros