Maïmaï d’Aki Shimazaki aux éditions Actes-Sud

 » J’ouvre mon portable et vois un seul nom : Y. Shimizu. C’est ma grand-mère, que j’appelle Bâchan. Je m’étonne, car elle ne m’écrit presque jamais. Dès que je lis son message, je me fige.

 » Maman est morte. »

Quoi ? Paralysé, je fixe ces trois mots.  »

 

Loin d’avoir lu toute l’œuvre d’Aki Shimazaki mais fascinée par sa plume délicate et poétique découverte à travers quelques un de ses romans, je n’ai pas résisté à la folle envie de lire son tout dernier Maïmaï, qui signifie « escargot » en japonais.

Une fois de plus l’auteure ouvre la porte et les cœurs d’une famille toute particulière. En apparence rien d’extraordinaire, mais c’est au décès de la maman du jeune Tarô, sourd et métis, que ce dernier va découvrir des failles à propos de sa naissance. Il a grandi avec l’idée que son père espagnol d’origine était mort dans un accident de voiture avant de rejoindre sa maman Mitsuko au Japon. Il ne l’a donc jamais connu car elle était enceinte de lui juste à la mort de son bien aimé. Et puis il y a les retrouvailles avec son amie d’enfance Hanako.

L’auteure a ce don précieux de nous tenir en haleine, dans une émotion vive à fleur de mot, de peindre des personnages d’une rare beauté.

C’est une plume délicate et sereine qui crée des atmosphères poétiques, qui apaise les cœurs et l’esprit, tout en douceur pour dire parfois de grandes souffrances. Un petit bijou de lecture.

Maïmaï d’Aki Shimazaki

Éditions : Actes-Sud

Paru : avril 2019 – 172 pages – 15 euros