Mer blanche de Roy Jacobsen aux éditions Gallimard

 »  » Laisse Lars reprendre Barroy « avaient été ses dernières paroles. « Et pars, tu es jeune et intelligente, tourne le dos à la mer, retiens la leçon, ne fais pas comme moi… »

Ingrid dit non….. à sa mère mourante

Et, le printemps suivant, Lars ne rentra pas des Lofoten, il avait trouvé l’amour, disait-il dans sa lettre, et il resta sur place avec bateau, équipement et équipage, une année après l’autre, même quand la guerre éclata. Ingrid et Barbro furent de plus le plus seules au fil de chaque soleil qui se levait et de chaque tempête qui s’abattait, de chaque bête qu’elles tuaient et de chaque sac de duvet ramassé qu’elles ne vendaient pas…. »

Ingrid travaille à l’usine de conserve jusqu’au jour où elle demande son dû au contremaître et ne revient plus. Elle retourne sur son île Barroy, elle se retrouve seule sur son île déserte, sa tante est à la ville, hospitalisée pour une fracture du col du fémur. Elle vit de sa pêche, mange du poisson frais, des morues, du lieu noir. Alors qu’elle est là désormais depuis longtemps, au rythme du jour et des nuits, un jour elle découvre des vêtements, usés, marrons et mouillés…. Mais à qui peuvent-ils appartenir ? A des hommes semble-t-il. Puis elle trouve des corps, un, deux, trois « elle se demanda ce qui les faisait dériver jusqu’ici, il avait dû se produire un naufrage, une catastrophe …  »

L’auteur nous plonge dans une ambiance terrifiante, de peur, de cadavre, de mort … très mystérieuse, oui voilà comment je l’ai ressentie. C’est très réussi puis petit à petit assez étrangement la vérité se fait jour.

Un roman prenant, racontant brillamment les drames vécus par ces gens pêcheurs et paysans du nord de la Norvège, pendant la guerre avec l’occupation des Allemands. Les personnages de fort tempérament, nous montrent comment il est possible de survivre avec si peu mais des savoirs ancestraux et une certaine solidarité .

Mer blanche de Roy Jacobsen

Traduit : du norvégien par Alain Gnaedig

Éditions : Gallimard

Paru : janvier 2019 – 261 pages – 21 euros