Olga de Bernhard Schlink aux éditions Gallimard

 » Elle ne revit jamais ses parents….. La mère du père décida de prendre sa petite fille chez elle, en Poméranie…. Pour Olga tout paru étranger… Elle était solitaire… Elle n’était pas vraiment intégrée. Elle ressentait le besoin de personnes autres, qui ne soient pas intégrés non plus. Jusqu’au jour où elle trouva quelqu’un. Lui aussi était autre. Dès le départ.

A peine se tenait-il debout qu’il voulut déjà marcher. Comme ça n’allait pas à son rythme quand il avançait pas à pas, il levait un pied avant d’avoir posé l’autre, et il tombait…. IL ne vaut pas marcher, il veut courir, pensait sa mère qui le regardait et hochait la tête.  »

Olga est une toute jeune orpheline quand elle est recueillie par sa grand-mère qui ne ressent aucune affection pour elle. d’un milieu très modeste, elle souhaite en grandissant poursuivre ses études car elle veut devenir institutrice. Lui son amoureux du nom de Herbert, est d’une famille aisée, fils d’industriel. Dès que ses études sont terminées, lui n’a qu’un seul désir partir. c’est ainsi qu’il s’embarque en Afrique du Sud-Est qui est à cette époque sous protectorat allemand. Dès lors il va toujours avoir l’envie d’aller plus loin, d’avoir, comme elle peut lui reprocher plus tard, toujours envie de plus grand. Ils vont vivre l’amour entre ses expéditions. Jusqu’au jour où il lui annonce organiser une expéditions dans le grand nord.

Ce roman est construit d’une manière très particulière. En effet, nous découvrons dans une première partie les deux jeunes gens. Leurs ambitions et aspirations, leur amour. Tout va extrêmement vite dans l’écriture. Trop à mon sens. Ainsi nous arrivons au bout de quelques pages après l’enfance, à la vieillesse d’Olga ! Et puis dans la seconde partie, cette femme âgée, en retraite de l’enseignement, va travailler comme couturière chez des particuliers. Et elle va se lier d’amitié avec le tout jeune Ferdinand. Et enfin dans la troisième partie nous allons revenir, grâce à Ferdinand, sur les traces d’Olga, par l’intermédiaire de lettres découvertes.

Olga est un portrait de femme sensible dans une société dans laquelle il est très difficile de se faire une place comme pauvre, comme femme. Pourtant elle va se battre à sa façon, elle va vivre sa vie malgré toutes les barrières qui lui barrent la route, l’accès à un bonheur plus complet, abouti. Dans cette Allemagne qui a soif de grandeur, comme le cher Herbert, nous voyons l’arrivée du nazisme, le premier génocide où ces derniers ont fait leur premières armes en Afrique du Sud-Est, cela n’est pas sans me rappeler le magnifique livre d’Elise Fontenaille N-Diaye : Blue book aux éditions Calmann-Lévy

Un roman d’amour, de grand amour, histoire d’une femme qui vit l’amour simplement, fidèlement et sincèrement, dans un contexte historique qui est au balbutiement de l’horreur pour ce pays qui souhaite, lui, bien au contraire, toujours plus de grandeur.

Olga de Bernhard Schlink

Traduit de l’allemand : par Bernard Lortolary

Éditions : Gallimard

Paru : décembre 2018 – 267 – 19 euros