On ne peut pas tenir la mer entre ses mains de Laure Limongi aux éditions Grasset

«  Dix ans, vingt ans plus tard, comme si la vie n’était faite que de commencements, je n’arrête pas de chercher à raconter cette histoire, sans trouver un angle adéquat. Mille petits sauts variés dans la piscine d’enfance. Et je continue à boire la tasse. Ça brûle toujours, jusqu’au tréfonds. Je me demande ce qui m’effraie à ce point, pourquoi le chemin est si tortueux. Comme si raconter allait guérir quelque chose que je ne voulais pas guérir. Il faut peut-être le reconnaître. On chérit certaines souffrances. La petite plaie rouverte sans cesse. Les ongles rongés jusqu’au sang. Les courbatures soigneusement travaillées. Les doigts qui appuient sur les touches du piano jusqu’à la douleur. Le manque. L’amour mort. Peut-être un air sans astreinte est-il irrespirable, pour certains.  »

A 20 ans la jeune Huma quitte sa mère Alice, malade et sa grand-mère Marie, femme acariâtre pour rejoindre Paris, la capitale et poursuivre des études. Partir, respirer loin des siens qui semblent l’étouffer.

Elle a vécu son enfance avec sa famille à Bastia, juchée sur une petite colline dans cette villa la bien nommée  L’Alcyon, qui abrite quatre générations. Ses parents Alice et Louis, sa grand-mère Marie et son arrière grand-mère Madeleine.

Des siens, enfant, elle ne sait rien lorsqu’à l’école elle doit dire la profession de ses parents, elle ne sait pas. Comme elle nous le confie plus tard, elle aurait dû effectivement suspecter quelque chose, mais  » le secret engendre le secret « . Elle ne sait pas plus comment ses parents se sont rencontrés.

Et puis un jour alors qu’elle est adolescente, son père disparaît sans aucune explication.  » Comme toujours, on ne se confie pas, personne ne se parle, mais bruissent les rumeurs.. » Tant de mystère quand tous à ses côtés vivent dans une vigilance certaine et permanente.

Alors Huma se plonge dans la musique, se nourrit dans la littérature, s’abreuve de poésie. C’est tout cela qui l’a fait tenir vivante.

Elle aura mis donc sept ans, à l’approche de la trentaine, pour pouvoir revenir sur ce sol Corse qui l’a vue naître

Ce récit raconte son enfance avec les silences, les mystères, il raconte une famille avec les questions et des réponses.  Tout au début du livre, le lecteur se demande ce qui se passe au cœur de cette famille, ce n’est que petit à petit que les protagonistes se dévoilent, ces personnages liés bien étrangement mettent en lumière leur vie. Qui est Louis, le père d’Huma, qu’est-ce qu’il veut dire quand il affirme : «  Il m’avait pris ma grand-mère, je lui ai pris sa femme. Nous sommes quittes. »

Pas facile à suivre ces allers-retours au cœur de cette famille, ces histoires qui s’entrelacent. J’avoue avoir eu quelques difficultés parfois à suivre l’auteure et puis j’ai été happée par Huma quand elle a quitté les siens …. et que certaines choses se sont révélées. J’ai été touchée par Alice, cette femme malade, si seule.

Merci à la plateforme Net Galley et les éditions Grasset pour leur confiance.

#OnNePeutPasTenirLaMerEntreSesMains #NetGalleyFrance

On ne peut pas tenir la mer entre ses doigts de Laure Limongi

Éditions : Grasset

Parution : 28 août 2019 – 288 pages – 19 euros