Pleurer des rivières d’Alain Jaspart aux éditions Héloïse d’Ormesson

 » C’est là que Sammy a eu une de ses idées tordues, vraiment tordue. D’abord, pour la rigolade, il a émis l’idée que l’avocat et sa femme devraient aller là-bas, en Roumanie, où c’est plein de sorcières spécialisées dans les bébés, à naître, à égorger, à faire dévorer aux filles de vampires, mais Franck lui a rétorqué que tout ça c’était des racontars de vieilles édentées et que les Roumains d’aujourd’hui avaient brûlé toutes les sorcières depuis la nuit des temps. Sammy en est convenu. Là lui est venue son idée saugrenue : puisque primo, l’avocat et sa femme veulent à tout prix un enfant, puisque, secundo, Franck et Mériem en attendant un qui va leur compliquer considérablement la vie, pourquoi ne pas faire d’une pierre deux coups ? « J’comprends pas « , dit Franck.  »

Un roman à rire et à pleurer … Pleurer des rivières. C’est l’histoire de deux femmes, l’une, Mériem, Yéniche, épouse de Franck, gens du voyage,  mère de 7 enfants et l’autre Séverine, auteure illustratrice mariée à Julien, avocat, ne pouvant enfanter. Suite à une histoire de trafic de cuivre, Franck arrêté est défendu en justice par cet avocat : Julien. Tous les deux, ils racontent en quelques mots leur histoire, ce couple en difficulté financière qui attend un nouvel enfant et et cet autre couple qui lui ne peut avoir d’enfant. Les deux femmes vont aussi se rencontrer, vont devenir amies, et vont ensemble réaliser l’impossible pour faire le bien pour l’une et l’autre, soulager l’une et rendre heureuse l’autre. Seulement peut on agir si facilement, d’une manière très amorale au regard de la loi ?

Une histoire tragique et magnifique, drôle et émouvante qui nous offre un regard sur l’amitié, l’amour, le monde des gens du voyage, des tribunaux, le désir d’enfant …. C’est une lecture légère en apparence mais la fin m’a totalement bouleversée et je n’ai pu m’empêcher de verser quelques larmes tant je me suis attachée à ces femmes sensibles et aimantes, à ces hommes aussi sensibles que fragiles.

Pleurer des rivières d’Alain Jaspard

Éditions : Héloïse d’Ormesson

Paru : août 2018 – 190 pages – 17 euros