Plutôt la fin du monde qu’une écorchure à mon doigt aux éditions Stock

 » Le voyage dura deux jours gros d’inquiétude, de faim, de soif et d’insomnie. Il était six heures du matin lorsque le train entra à la gare Saint-Charles. Exténuée par le combat livré pour conserver une place assise, aller aux toilettes, surveiller ses bagages, Louison n’en avait pas moins le sentiment d’être une enfant de la chance. En sautant sur le quai où l’on se bousculait pour gagner la sortie, elle trébucha. Le sol sous ses pieds vibra à donner le vertige comme après une longue traversée en mer. Sur les murs du hall on lisait diverses affiches appelant à la mobilisation générale et à la priorité des convois militaires sur les trains réguliers. Une gamine aux cheveux nattés montrait des aiguilles à tricoter et souriait : « Moi aussi je tricote pour nos soldats. » Des sacs de sable étaient alignés le long du hall jusqu’à mi-hauteur des murs. La guerre se rapprochait, Marseille n’y échapperait pas ? Eh bien on s’en fout, Louison n’avait pas l’intention d’y faire de vieux os. « 

Un titre plutôt intriguant me direz-vous. C’est en lisant le roman, en découvrant l’histoire de cette femme au caractère bien particulier que nous le comprenons. C’est sa fille qui aujourd’hui, alors que sa mère âgée de 56 ans, ne souhaite pas se soigner de son cancer au seul prétexte de ne pas perdre ses cheveux, qui nous raconte sa mère, si peu maternelle, cette femme très insouciante, qui toujours privilégie ses désirs au reste du monde. Alors que la guerre est là, toute jeune fille, elle décide de quitter son Havre natal, son père, sa sœur, pour rejoindre son amoureux en Algérie. Rebelle, elle ose le départ, vole les bijoux de sa mère suicidée car elle ne souhaitait pas son troisième enfant, et débarque ainsi sans rien connaître du monde à Marseille. Cependant il n’est plus possible de traverser la méditerranée, elle doit rester dans cette grande ville. Le hasard va lui faire rencontrer Tonton, un mafieux corse, résistant. Ce dernier va lui trouver un logement comme lui présenter un jeune homme, idéaliste, de famille juive et de qui elle va tomber enceinte. Malgré le fait qu’elle ne souhaite pas d’enfant, par amour pour lui, elle va le garder.
D’une écriture limpide, l’auteure raconte simplement une femme qui ose vivre pour elle sans aucune conscience des autres ce qui est assez peu morale peut être, mais surtout quand un pays est en guerre, que les juifs se font massacrer, qu’elle appartient elle même par son compagnon et le père de sa fille a une famille juive.

Je suis contente d’avoir découvert la plume de Paula Jacques, j’ai envie de lire davantage de cette femme. Je remercie la plateforme NetGalley et les éditions stock pour leur confiance en me permettant de lire ce roman.

#PlutôtLaFinDuMondeQuuneécorchureàmonDoigts #NetGalleyFrance

Plutôt la fin du monde qu’une écorchure à mon doigt de Paula Jacques

Éditions : Stock

Parution : 9 janvier 2019 – 256 pages – 19,50 euros