Qui n’est pas raciste ici ? D’Akli Tadjer aux éditions JC Lattès

«  Il y a quelques mois, des amis libraires m’ont présenté à cette professeure d’un lycée de province. Elle souhaitait m’inviter à parler du Porteur de cartable après l’avoir fait étudier à ses élèves de terminale. J’ai d’abord décliné son offre car ce roman date d’une quinzaine d’années et, lors de mes rencontres, je préfère que l’on découvre mes derniers romans. Elle a insisté, puis ajouté d’une petite voix douce, presque gênée : « Votre livre leur ouvrirait l’esprit, je l’espère. » J’ai compris le message subliminal et attendu qu’elle me propose une date. »

Cela ne fait pas très longtemps que j’ai découvert cet auteur, depuis je lis ces livres avec délice tant ils sont savoureux d’humanité, d’humour … J’ai eu la joie de le rencontrer lors d’une séance de dédicace et c’est ainsi que je suis son actualité livresque sur Facebook. C’est avec grand intérêt que j’ai donc lu les articles postés il y a quelques mois sur son mur en réaction à ce fait grave, cette lettre annonçant que les lycéens d’une professeure restée anonyme, ne souhaitaient pas rencontrer l’auteur du roman Le porteur de cartable.

Qui n’est pas raciste ici ? C’est donc la toute première question, très courageuse, posée à ces lycéens alors qu’Aki Tadjer a bien voulu aller à leur rencontre. C’est ce qu’il nous raconte ici dans cet essai que j’étais impatiente de lire. Il m’a beaucoup émue, touchée.

L’auteur nous raconte tout d’abord combien, selon ses mots, il a été blessé par la brutalité du message de la professeure et furieux. Devant ces élèves de 17 ans, il explique donc l’Algérie, quelle fut une colonie française, que la langue française s’est enrichie de mots venus des quatre coin du monde et beaucoup d’ailleurs de l’arabe …. En lisant cela je suis outrée de constater l’inculture, mais que font nos professeurs ?Qu’apprennent les élèves à l’école ? Qu’hier nous n’apprenions pas tout cela, je veux bien l’entendre, et encore, comment cela est-il possible ? Admettons, mais aujourd’hui, je ne peux le concevoir … Moi cela m’aurait passionnée, ce n’est qu’adulte que par des choix de lecture j’ai fait mon chemin vers la connaissance… Mais dans ce monde en chaos il est plus que nécessaire d’ouvrir les consciences …. et il est heureux que des écrivains comme Akli Tadjer vont à la rencontre des jeunes …. pourquoi pas plus de rencontres de ce genre, plus concrètes pour ces jeunes … Pourquoi les livres n’ont toujours pas une place principale dans ces lieux dit d’éducation, de transmission de savoirs … Tout est à revoir, surtout la façon d’aborder le livre, plus ludique avec des rencontres, des lectures en scènes …. Car comme l’auteur, je n’ai pas été loin dans mes études, seulement j’ai eu très vite la soif d’apprendre autrement. ce sont les livres qui ont ouvert mon esprit vers d’autres mondes, d’autres cultures, notre culture aussi bien sur ……
Je m’éloigne peut être quoi que …

Cet essai à sur moi un effet incroyable, des réactions se bousculent dans ma tête, des incompréhensions…. de savoir que le racisme est toujours là bien présent partout et en tout lieux je le sais pour le vivre indirectement, mais j’avais l’espoir que les jeunes générations avaient une autre vision de l’Autre. Je sais nous n’allons pas faire une généralité du cas de ce lycée de province, ceci dit, il existe et n’est certainement pas unique … alors il faut agir !

Akli Tadjer nous offre de très belles pistes de réflexions dans cet essai, il a été blessé, il a vécu le racisme enfant, adulte ….. il sait de quoi il parle et il nous raconte avec tendresse et émotion. Sa force c’est son écoute de l’autre, nécessaire à tous pour avancer ensemble vers un avenir plus tolérant les uns envers les autres. Rencontrer, parler est la chose essentielle à mon sens pour y arriver, encore faut-il savoir entendre et nous sommes tous responsables ! Merci Monsieur Tadjer.

#QuiNestPasRacisteIci #NetGalleyFrance

Je remercie les Éditions JC Lattès pour leur confiance et la plateforme NetGalley.

Qui n’est pas raciste ici ? d’Akli Tadjer

Éditions : JC Lattès

Paru : 27-03-2019 – 60 pages – 6,90 euros