Rien n’est noir de Claire Berest aux éditions Stock

 » – Tu es en train d’asseoir ta renommée, ton talent s’affermit, et au moment où les gens commencent à s’intéresser à Frida Kahlo, à comprendre que tu es un des artistes les plus importants de l’époque, toi tu rentres te cacher à Coyoacán, avec tes poupées et tes animaux et tes superstitions au lieu de te jeter dans l’arène, de te battre et de prendre de l’ampleur.– Qu’est-ce que tu veux ? Je ne suis pas toi, Diego, j’ai essayé, mais je ne suis pas toi. Je n’ai pas envie d’être célèbre. Je me fous de l’arène, je me fous de ces pince-fesses de bourgeois, je ne suis pas en train de forger une carrière. Moi, je ne me bats pas, Diego ? Je passe la moitié de ma vie à l’hôpital à me faire charcuter comme si j’étais un bout de viande sur l’étal d’un boucher ! Je ne suis pas malade, je suis brisée ! À Paris, j’ai cru que j’allais mourir. J’ai mal partout, j’ai mal tout le temps. Je ne parviens pas à imaginer ce que c’est que de ne pas ressentir de douleurs dans le dos, dans les mains, dans les jambes, dans le ventre. Je n’ai pas des pieds, j’ai des sabots, on m’a déjà enlevé des orteils, je boite ; dans les cabarets, je ne peux plus que regarder les autres danser. Je ne compte même plus mes fausses couches. Quatre, cinq ou six ? Et tu me dis que je ne me bats pas ? Je vis avec toi depuis dix ans, et tu oses dire que je ne me bats pas.  »

 Je fus séduite par le roman Gabriële écrit à quatre mains, par les deux sœurs Anne et Claire Berest et édité chez Stock en  2017 . Et c’est donc avec un grand plaisir et une certaine curiosité, que j’ai souhaité lire ce nouveau roman de Claire Berest Rien n’est noir.

Un roman qui nous raconte la vie de cette femme peintre Frida Kahlo. Je ne connaissais rien de sa vie, je n’avais en tête, comme beaucoup d’entre nous, que des photos de portraits d’une femme coiffée haute en couleur. Mais mes connaissances s’arrêtaient là.

C’est ainsi que j’ai plongé dans le récit tout à fait bouleversant de la vie de cette femme incroyable ! Avec talent et une grande sensibilité, l’auteure redonne vie à Frida, elle devient vivante sous sa plume. Son Accident, son amour inconditionnel pour le fameux peintre Diego Rivera, qui pour la petite histoire, nous apprenons a fréquenté Françis Picabia, l’arrière grand père des sœurs Berest !! Comment elle est venue à la peinture qu’alors qu’elle se destinait à la médecine. Comment la maladie a été une épreuve terrifiante où chaque partie de son corps criait douleur. Ses amitiés… et puis son voyage seule à Paris, sur invitation d’André Breton qui lui promet une exposition. Elle déteste Paris, elle déteste ces gens, ces bavards pédants comme elle aime les surnommer, le seul qui selon ses confidences qui trouve grâce à ses yeux, c’est Marcel Duchamp, très grand ami du couple Picabia par ailleurs, avec qui il formait un magnifique trio !!! Elle les rencontre tous, Picasso et sa muse ….. jusqu’à ce qu’elle sente la guerre arrivée et décide de rentrer retrouver son amour. Son amour, pas une époque formidable pour eux ces années là. Mais non je ne vais pas vous en dire davantage, je vous invite à lire ce roman savoureux sur un monde beau et triste à la fois. Personnellement que je n’envie pas du tout …. Cette superficialité, ces jalousies, ces tromperies …. l’alcool, la drogue pour oublier, créer, vivre selon ce que nous affirment ces artistes. Mais qu’est ce que vivre ? Qu’est ce créer ?

J’approuve assez l’éthique de Frida quand elle confie ne pas vouloir être célèbre, qu’elle n’honorera pas une invitation à Londres ….. Elle peint d’abord pour elle !

L’émotion est vive à lire Claire Berest et je la remercie tout particulièrement de nous emmener à travers Rien n’est noir, dans un voyage artistique à fleur de peau d’amour et de douleur.

#RienNestNoir #NetGalleyFrance

Rien n’est noir de Claire Berest

Éditions : Stock

Parution : 21 août 2019 – 250 pages – 19,50 euros