Simple de Julie Estève aux éditions Stock

«  La chaise, elle est perdue comme moi au soleil, et le soleil craque sur ma tête mais je m’en cogne d’être rouge, d’être fou de chaleur, j’en profite parce qu’il chasse les autres dans les lits et les fauteuils à bascule, ils dorment dans leur coin et moi j’ai la paix ! Là, on entend rien que les mouches et les frelons qui passent et qui dérangent le silence, on leur dit rien à eux, ils sont peinards les insectes. Me suis foutu sur la chaise et j’ai le cul coincé dans le trou comme un con, y a mon short qui dépasse, ça me pince la peau des fesses, j’arrive pas à m’en sortir et à m’arrêter de rire, ça me fait des hoquets et des larmes au bout des yeux, chut, chut, je mets le doigt sur ma bouche pour contrôler mais ça marche pas c’est pire, chut, je dois pas foutre le bordel avec ma rigolade, ça va les réveiller les autres, et alors ils vont gueuler ferme-la le mongol ! voilà ce qu’ils vont dire à coup sûr, oh ! je sais bien comment ils m’appellent, y a tellement de mots sales dans la langue en français pour causer de moi !  »

Simple, c’est l’histoire d’Antoine Orsini qui habite un village perché dans les montagnes Corse. Tout le monde le surnomme le baoul, ce qui signifie en langue corse : l’idiot, le crétin… Parce qu’il n’est pas comme les autres, il est donc le souffre douleur. Et pourtant, sa différence fait de lui une autre richesse, Antoine a un don, il sait parler avec la nature., il a des visions, de ses cauchemars, il sait ce qui va advenir… entre réalité et songe ? Et puis comme il est indésirable, il parle aux objets, et là dans ce récit, il se confie à une chaise. Il lui raconte avec ses mots à lui, dans une langue très simple, son enfance, ses parents, la mort étrange de cette jeune fille Florence. Nous livrant les secrets de certains habitants du village que nous pouvons, au fil de la lecture, les uns après les autres soupçonner du meurtre.  Cet Antoine est troublant, on l’aime très vite et en même temps il reste insaisissable et effrayant … Il questionne inévitablement voir même dérange. Ce roman nous offre un portrait fort d’un homme différent dans une langue âpre et violente souvent, au reflet de l’âme torturée du personnage comme poétique parfois. Finalement Antoine n’est pas si simple que cela, il nous désoriente et nous interroge quant à savoir qui a vraiment tué cette jeune fille. Qui est le véritable coupable ?

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Simple de Julie Estève

Éditions : Stock

Parution : août 2018 – 208 pages – 17,50 euros