Tristan de Clarance Boulay aux éditions Sabine Wespieser

«  T’inquiètes pas Léon, on trouvera bien une fréquence, une étoile, une façon à nous d’apprivoiser la distance. Je te parle en douceur avec mes mots à moi qui se noient peu à  peu dans mes larmes en exil. Combien de fois ai-je rejoué la scène, réécrit le scénario ? Si, à cette seconde, l’air avait été plus dense, le lancer plus haut ? Si la pièce était tombé sur pile ? Tu serais ici, Léon, à ma place, tu verrais les vaches paître et la petite baleine virevolter au sommet du clocher.  »

 

Tristan da Cunha est une île  située au milieu de l’atlantique sud, entre l’Afrique du sud et l’Amérique. Très isolée, elle est à 7 jours de bateau du continent. Ida, une jeune femme, illustratrice va y débarquée seule, car il ne restait qu’une seule place sur le bateau pour l’île et il a fallu tirer au sort, pour savoir lequel du couple Ida ou Léon partirait en premier et seul. Cette femme donc du continent, de là-bas va s’installer quelques mois chez les habitants de l’île. Elle va découvrir ces insulaires, à travers leur rythme, leurs codes et surtout sa vie va vivre un tournent lorsqu’elle s’engage avec trois autres hommes dans une petite expéditions de sauvetage d’oiseaux suite au naufrage d’un navire.

C’est l’histoire d’une jeune femme, une aventurière qui se perd finalement, se perd au milieu de nul part, perd ses repaires, sa vie de là-bas s’éloigne jour après jour. Aussi cette jeune femme fait l’expérience de la vie en communauté car c’est bien ainsi qu’ils vivent tous ces habitants de l’île, ensemble ils vivent dans la nature et avec elle à tout instant, elle rythme leur vie à chacun.

Un tout premier roman remarquable, une écriture poétique, simple invitant au voyage loin comme au plus près de soi même.

Tristan de Clarence Boulay

Éditions : Sabine Wespierser

Parution : janvier 2018 – 186 pages – 18 euros