Tropique de la violence de Nathacha Appanah aux éditions Gallimard

«  Je m’appelle Moïse, j’ai quinze ans et, à l’aube, j’ai tué. Je voudrais qu’on sache que j’ai à peine appuyé sur la détente, si Marie était là, je le lui aurais dit, à elle, j’aurais dit comme ça J’ai à peine appuyé Mam et le coup est parti et elle m’aurait cru, elle, mais ça fait plus d’une année que Marie n’est plus là. Je suis seul et j’ai tué Bruce, à l’aube, dans les bois. Bruce et son cœur de sauvage et son cerveau de malade et sa langue de serpent, Bruce qui me, qui m’avait …… »

 

Je poursuis la découverte des romans de Nathacha Appanah à travers celui-ci : Tropique de la violence.

D’une violence extrême ce roman ! L’auteure donne voix a différents personnages, Marie, son fils adoptif Moïse et Bruce ce tout jeune caïd, qui se dit chef, âgé d’à peine 15 ans..

Comment comprendre ces vies, quand on est si bien au chaud chez soi, si confortablement installé à lire de ces histoires du bout du monde ?

Impossible de toute évidence. Mayotte un département français, abandonné totalement….Nous l’entendons régulièrement sur nos ondes. Que ce passe-t-il réellement ?

Une fois de plus l’auteure sonde le plus profond des âmes des uns et des autres. de cette française, Marie, partie avec son amoureux Chamsidine, travailler à Mayotte, car lui vient de là. Marie avec sa souffrance de ne pouvoir avoir d’enfant et qui en veut à la terre entière. Moïse ce bébé, arrivé par la mer, dans un kwassa, dans les bras de sa mère, qu’elle va confier à Marie parce qu’elle ne peut le garder cet enfant qui a un œil noir et un autre vert. Marie va l’adopter, et il va grandir couvé de cet amour inconditionnel. Ce tout jeune Bruce, qui se dit le maître de Gaza, ce fameux quartier défavorisé de Kaweni, à la lisière de Mamoudzou.

 Toutes des destinées qui vont s’entre-croiser, qui auraient peut être pu être différentes, j’ose le croire, si à un moment de leur vie, elles avaient fait des choix différents ? Etait-ce possible ? J’ai juste envie d’y croire mais ….

En tous les cas, la plume de Nathacha Appanah m’emporte toujours autant, elle est belle comme cruelle, claire comme obscure , colérique et flatteuse….. Profonde !

Tropique de la violence de Nathacha Appanah

Éditions : Gallimard

Paru : août 2016 – 175 pages – 17,50 euros