Un fils en or de Shilpi Somaya Gowda aux éditions Mercure De France

 » Anil Patel avait dix ans la première fois qu’il assista à une audience d’arbitrage tenue par son père. Normalement, ces séances étaient interdites aux enfants, mais on fit exception pour Anil car, un jour, il reprendrait le rôle de son père. Étant le seul enfant présent, il se montra le plus discret possible et resta tapi dans le coin de la salle. Les audiences avaient toujours lieu là : dans la plus grande pièce de la plus grande maison de ce petit village, niché au cœur d’une région de terres arables dans l’ouest de l’Inde.  »

Une merveille la lecture de ce roman exceptionnel, j’ai tout simplement adoré et je suis très triste de l’avoir terminé ! Séduite totalement par le roman La fille secrète de Shilpi Somaya Gowada, j’ai souhaité lire cet autre roman et comblée, oui je suis comblée par une écriture limpide qui nous arrache à notre vie pour suivre le cœur battant Anil, ce jeune indien étudiant en médecine tout au long de de ces 460 pages.

D’une famille propriétaire de terrien, Anil est très encouragé par son père de poursuivre ses études et d’aller jusqu’en Amérique pour faire son internat. Il part donc le cœur déchiré à Dallas, mais plein de belles ambitions.

Bien sur c’est tout d’abord le choc des cultures ! Les techniques médicales ne sont absolument pas les mêmes, les machines, scanner et autres sont bien plus importants que les hommes avec leur souffrance, semble-t-il, la compétitivité ….. et puis il y a le racisme, la nourriture ce qui n’est pas des moindres …

Il s’adapte malgré bien des difficultés car il veut réussir, aller jusqu’au bout. Il est très conscient que désormais il habite deux pays mais qu’aucun ne peut l’accepter vraiment. Les études lui sont chères, et l’amour est aussi très présent dans sa vie. Il tombe en amour d’une jeune Américaine … Quand il ne peut oublier sa très chère amie d’enfance Leena… Aussi sa mère, à la mort de son père souhaite qu’il reprenne le rôle de comment dire, de juge, non ce n’est pas vraiment le terme approprié je trouve, en fait il écoute les conflits, problèmes des uns et des autres et essaye de trouver des arrangements.

Une histoire puissante, riche qui nous livre un certain regard de deux pays bien différents. Et comment une personne quel quelle soit peut vivre entre deux cultures., le travail, l’amour qui n’ont pas du tout les mêmes valeurs, le même symbolisme dans l’un comme dans l’autre pays. Finalement chacun a du bon et du mauvais à prendre et à laisser. Indéniablement l’auteure nous présente des cas d’extrême violence à l’égard des épouses, que je déplore complètement, tout cela ne devait pas exister et ces hommes devraient être condamnés. Seulement, j’espère que le lecteur ne s’arrêtera pas qu’à cela. Peut être à tord, en effet,   je n’aime pas trop que l’on stigmatise un pays, une communauté, une religion etc. Attention à cela ! Trop souvent j’entends à ce sujet comme à propos d’autres pays ou communauté, «  il n’est pas bon d’être femme indienne, elles sont toutes brûlées etc etc …. » Voilà où peuvent nous conduire nos pensées extrêmes. 

L’auteure présente aussi bien des couples très amoureux jeunes ou anciens … d’un amour sensible, équitable et respectueux.

Comme elle souligne ces deux médecines l’une très jeune et moderne et l’autre ancestrale l’Ayurvédisme, qu’hélas notre jeune Anil ne connaît pas du tout !!

L’amour est d’une beauté rare aussi en Inde,  il n’y a pas que des hommes violents comme chez nous il n’y a pas que des tendres ! Je n’aime pas trop que l’on stigmatise, vous l’aurez peut être compris et la littérature est là justement pour ouvrir nos esprits.

Assez parlé, je ne vous en dit pas davantage, et n’ai surtout pas envie d’analyser plus que cela, je voulais  vous dire tout simplement  le sentiment très jouissif de me laisser porter pleinement dans cette merveilleuse histoire.

Un fils en or de Shilpi Somaya Gowda

Traduit de l’anglais par Josette Chicheportiche

Éditions : Mercure de France

Paru : en France, février 2016 – 460 pages – 25,80 euros