Une empreinte sur la terre de Pramoedya Ananta toer aux éditions Zulma

 » Je me retirai en moi-même et me retournai sur mon passé. Tout n’avait pas glissé comme un train sur des rails. Aucun des individus que je croisais n’avait vécu d’expériences semblables aux miennes. Ils ne s’étaient peut être même jamais assis sur un banc d’école. Ils ne savaient rien faire d’autre que chercher à gagner de l’argent et se reproduire. Ô créatures réduites à la condition du bétail ! Ils ne voyaient même pas à quel point ils étaient avilis… »

 

 » J’ai longtemps vécu en Europe, Monsieur, assez en tout cas pour devenir européen moi-même. Je sais que l’Europe ne peut vivre sans droit. Dès sa naissance, l’Europe est éduqué à suivre les règles et, pour autant que je sache, le droit aussi suit des règles bien précises. Certes les théories du droit sont nombreuses, mais c’est assurément lui qui a fait la splendeur de l’Europe jusqu’à aujourd’hui. Cependant, sitôt que les Européens quittent le continent qui les a vus grandir, ils ont tendance à oublier l’éducation reçue et le droit qui les avaient hissées au pinacle. »

 » – C’est à moi de te baiser la main, Princesse.

  • Ah, mais je en suis pas une Européenne, Mas, je suis ta femme. Je n’ai nul désir d’être adulée par un homme, pas même par mon mari. tu es l’époux d’une femme des Moluques.
  • Et qu’est-ce que cela veut dire pour une femme des Moluques ?
  • Son mari est son étoile, sa lune, son soleil. sans lui, rien n’existe, ni le monde, ni elle. »

Une véritable fresque historique et politique, roman aussi d’initiation comme roman d’amour qu’est cette tétralogie Buru Quartet dépeignant avec talent l’histoire des Indes néerlandaises du 19è et 20è siècle à travers ce personnage Minke, un jeune Indigène.

Après Le Monde des hommes et Enfant de toutes les nations, voici donc Une empreinte sur la terre. Nous retrouvons Minke, qui après avoir tenté des études de médecine, va se lancer dans le journalisme. Ce troisième épisode est, à mon sens,  le plus politique, certes un monde passionnant à découvrir, mais j’avoue que parfois je me suis quelque peu ennuyée au cours de pages sans fin, trop techniques et pas assez empruntes d’émotions qui retiennent l’attention du lecteur. Fort heureusement, Minke, le narrateur et le héros de cet épisode,  sait toujours s’entourer de femmes remarquables, de magnifiques portraits qui font la force poétique de sa vie et donne un autre élan à son engagement politique.

 

Une empreinte sur la terre de Pramoedya Ananta Toer

Traduction : de l’indonésien par Dominique Vitalyos

Éditions : Zulma

Parution : mars 2018 – 668 pages – 24,50 euros

http://www.zulma.fr/livre-une-empreinte-sur-la-terre-buru-quartet-iii-572159.html

 

 

 

 

Dans l’attente de découvrir le tout dernier :